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 Bonjour tala

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tikka
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MessageSujet: Bonjour tala   Jeu 30 Juil - 9:58

FONTAINES TRADITIONNELLES
L’eau, la vie et des vertus médicinales

De nos jours, ces fontaines limpides et ancestrales sont victimes de diverses et multiples agressions.

Tala ou fontaine, c’est toute une histoire sur notre identité profonde. C’est une source aménagée où jaillit l’eau des tréfonds de la terre incarnant, à la fois, la vie, la fertilité et la confiance. Tala est un dérivé du mot berbère talalit qui signifie la naissance de la vie et sa continuité. C’est aussi un lieu, en même temps, craint et aimé. C’est un point d’eau à l’histoire jalonnée de mythes, où sont observées des pratiques rituelles nombreuses. L’eau de Tala a des vertus innombrables. Elle guérit, elle purifie et protège des mauvais génies. Tala est aussi et par excellence, un lieu féminin.
La fontaine est une chose sacré chez les Berbères. Elle a sa place dans la vie de tous les jours dans les villages de Kabylie et d’Algérie. Elle s’est forgée comme elle a forgé une identité et une personnalité qui est restée attachée à la sacralisation de l’eau. Le mot Tala est constamment présent dans le langage qu’il soit dans la langue arabe algérienne ou dans le berbère. Il est recensé, en Algérie, quelque 85 toponymes composites de villages qui portent le mot «tala», dont 37 sont dans la wilaya de Tizi Ouzou. Ceci sans rajouter, les mêmes mots mais qui portent sa traduction arabe «aïn» qui signifie aussi fontaine.
La fontaine, aujourd’hui, s’engouffre non pas dans le néant mais dans notre subconscient. Celles qui demeurent de nos temps sont pour la majorité envahies par la ronce ou détruites. Il en reste encore beaucoup en utilisation mais, que reste-t-il de la légendaire tala d’antan?

Les fontaines tarissent les unes après les autresDe nos jours, ces fontaines limpides et ancestrales sont victimes de diverses et multiples agressions. La plus grande menace pour ces lieux proviendrait selon certaines affirmations de sociologues, archéologues, de l’oubli. Toutefois, ce danger provient essentiellement de nombreux facteurs.
Tout d’abord, certains témoignages de vieux que nous avons recueillis dans plusieurs coins de la wilaya s’accordent sur la tendance générale au tarissement de ces sources. Tandis que la recherche scientifique brassant plusieurs domaines de notre vie dans notre pays est inexistante, les fontaines sèchent l’une après l’autre doucement. «Cela fait longtemps que je n’entend plus le murmure de l’eau ruisselante de cette fontaine qui jaillit du sommet de la montagne dans cette dense forêt», constate avec amertume Dda Saïd, un septuagénaire de la région de Ouaguenoun. Alors que les vieux affirment que le tarissement est dû à l’absence de l’agriculture dans nos montagnes, d’autres plus jeunes, répliquent que c’est plutôt une conséquence du réchauffement climatique. «Avant, toutes les sources coulaient même en été parce que l’eau des pluies était absorbée par la terre labourée», continue Dda Saïd. «Aujourd’hui, toute l’eau qui tombe s’en va dans les rivières sur la surface, la terre ne peut plus "boire", elle est en jachère», conclut-il. Cependant, d’autres voix avancent comme argument le réchauffement de la planète. «Il n’y a plus de neige sur les hauteurs. C’est cette eau qui fond et qui jaillit sous forme de sources», affirme Karim, un universitaire, la quarantaine.
Cet assèchement bien qu’il soit d’une grande ampleur, n’en demeure pas moins que les fontaines font toujours partie de la vie quotidienne des populations.

Il ne faut jamais dire «fontaine je ne boirai pas de ton eau»Parallèlement au phénomène du tarissement, un autre danger guette nos fontaines: l’abandon. «Il n’y a pas si longtemps, nos routes étaient agrémentées de fontaines superbement aménagées pendant l’ère coloniale», raconte Ahmed, un chauffeur de taxi. En effet, en sillonnant les routes, l’usager observe un grand nombre de fontaines sur les bords. Hélas, elles sont toutes en état d’abandon et de tarissement. «Je me demande pourquoi les autorités locales, à travers les communes, ne pensent pas à les réhabiliter et à les préserver. Elles permettent aux voyageurs de se désaltérer et de contempler leur beauté mystique», poursuit Ahmed. Dans son programme, la direction de l’hydraulique a achevé les travaux de réhabilitation de 23 fontaines mais, il en reste des milliers à sauver de la disparition suite à leur abandon. Cet intérêt n’est cependant pas injustifié car à bien observer, il s’avère que la population continue encore à s’approvisionner des fontaines. Un grand nombre de villages restent encore à l’écart des réseaux AEP de la wilaya. L’unique secours n’est autre que la fontaine du village. D’où l’adage «qu’il ne faut jamais dire fontaine je ne boirai pas de ton eau».
Dans plusieurs localités, en ces journées caniculaires, les bidons s’alignent par dizaines devant ces fontaines souvent ignorées...en hiver. Aujourd’hui, tandis que leur nombre diminue, on y recourt de plus en plus. Dans certains villages, les citoyens s’organisent pour les réaménager par leurs propres moyens. Certaines, bien que cela soit déconseillé par les spécialistes, en font des forages pour une alimentation de masse.

Des rituels existent encore autour de TalaA travers les villages de la wilaya, les populations perpétuent encore les pratiques rituelles liées à la fontaine. Les croyances anciennes relatives à ces sources providentielles ont maintenu un lien très solide entre les êtres et les fontaines. Ils y trouvaient une protection métaphysique pour les angoisses existentielles. «La fontaine, jadis, n’était pas perçue uniquement comme un robinet aujourd’hui», ironise un vieil homme que nous avons interrogé dans un village de haute Kabylie. «Avant, les gens respectaient l’eau et la préservaient. Ce qui ne se fait pas aujourd’hui avec cette génération», poursuit-il: «Moi, je me souviens qu’enfants, nous avions peur de rester à Tala, nos parents disaient qu’il y avait dans chaque fontaine une ogresse», enchaîne un autre vieil homme qui approche les 80 ans. Cette conception mystifiante de la fontaine n’a pas disparu des usages quotidiens bien que les profondeurs spirituelles des populations ne sont plus aussi empreintes que jadis. Nous ne pouvons pas citer tous les villages qui observent encore ces rituels pour deux raisons importantes: d’abord, pratiquement tous les villages continuent encore de sacraliser la fontaine d’où le nombre incalculable. Puis, c’est l’homogénéité de la pratique. Dans tous les cas, il est à constater que les populations ont les mêmes rituels et observés de façon similaire.

L’eau de la fontaine aurait des propriétés médicinales
L’Algérie est un réservoir antique de bien- être pour peu que la fontaine garde sa spécificité sacrale. Dans le massif de l’Akfadou, des fontaines légendaires coulent encore. Elles ont même acquis une notoriété internationale pour leurs vertus médicinales.
Cela sans parler des sources appelées les hammams. A Tizi Tghidet à Yakouren, sur les cimes de l’Akfadou, Tala Tenzeft existait depuis des millénaires mais, oubliée, elle ne sera remise au goût du jour que vers les années 70 par des passagers chinois. Aujourd’hui, on vient de tous les coins d’Algérie, voire d’Europe pour son eau qui guérit les calculs rénaux. Les exemples sont légion de ces petites fontaines vénérées pour cette raison. Le phénomène est tellement immense qu’il n’est pas possible de citer tous les exemples. D’un autre côté, d’autres sources s’imposent encore comme destination de pèlerinage. Des visites cycliques y sont consacrées. Des «zerdas» sont organisées par des populations aussi généreuses que la réputation de ces lieux. Tala N’Cheikh Mohand Oulhocine, dans le village d’Aït Ouahmed à Aïn El Hammam, en est un véritable cas de figure. Les populations s’y rendent pour des «zerdas» mais aussi pour des rituels liés aux croyances anciennes. Avant les fêtes de mariage et de circoncision, les gens doivent ramener de cette fontaine située dans la demeure du cheikh, de l’eau pour arroser tous les coins et recoins de la maison. On dit qu’elle protège contre le mauvais sort et les mauvais génies. On retrouve la même pratique à Beni Zmenzer, dans le village Ighil L’mal. Avant toute célébration, les familles doivent ramener de l’eau de Tala N’Cheikh Lahcène pour les mêmes croyances. On dit aussi que cette eau contient des vertus à la fonction pédiatrique pouvant guérir certaines maladies infantiles.
Pour terminer, et pour rendre justice à ces centaines de fontaines non citées, il convient de dire que toutes sont uniques. C’est ensemble qu’elles sont devenues mythiques mais, en fait, pourquoi sont-elles des lieux exclusivement réservés aux femmes?

Kamel BOUDJADI

[img][/img]Tala Ighil Lekhmis(Ith Yala)Setif
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