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 DECLARATION DU 1ER NOVEMBRE 1954

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GUENZETIEN
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MessageSujet: DECLARATION DU 1ER NOVEMBRE 1954   Mar 25 Aoû - 19:32

Appel au peuple algérien
Texte intégral du premier appel adressé par
Voici le texte intégral de l’appel du premier novembre 1954

le Secrétariat général du Front de libération nationale
au peuple algérien
le 1er Novembre 1954


PEUPLE ALGÉRIEN,

MILITANTS DE LA CAUSE NATIONALE,

A vous qui êtes appelés à nous juger (le premier d’une façon générale, les seconds tout particulièrement), notre souci en diffusant la présente proclamation est de vous éclairer sur les raisons profondes qui nous ont poussés à agir en vous exposant notre programme, le sens de notre action, le bien-fondé de nos vues dont le but demeure l’indépendance nationale dans le cadre nord-africain. Notre désir aussi est de vous éviter la confusion que pourraient entretenir l’impérialisme et ses agents administratifs et autres politicailleurs véreux.

Nous considérons avant tout qu’après des décades de lutte, le mouvement national a atteint sa phase de réalisation. En effet, le but d’un mouvement révolutionnaire étant de créer toutes les conditions d’une action libératrice, nous estimons que, sous ses aspects internes, le peuple est uni derrière le mot d’ordre d’indépendance et d’action et, sous les aspects extérieurs, le climat de détente est favorable pour le règlement des problèmes mineurs, dont le nôtre, avec surtout l’appui diplomatique de nos frères arabo-musulmans. Les événements du Maroc et de Tunisie sont à ce sujet significatifs et marquent profondément le processus de la lutte de libération de l’Afrique du Nord. A noter dans ce domaine que nous avons depuis fort longtemps été les précurseurs de l’unité dans l’action, malheureusement jamais réalisée entre les trois pays.

Aujourd’hui, les uns et les autres sont engagés résolument dans cette voie, et nous, relégués à l’arrière, nous subissons le sort de ceux qui sont dépassés. C’est ainsi que notre mouvement national, terrassé par des années d’immobilisme et de routine, mal orienté, privé du soutien indispensable de l’opinion populaire, dépassé par les événements, se désagrège progressivement à la grande satisfaction du colonialisme qui croit avoir remporté la plus grande victoire de sa lutte contre l’avant-garde algérienne.

L’HEURE EST GRAVE !

Devant cette situation qui risque de devenir irréparable, une équipe de jeunes responsables et militants conscients, ralliant autour d’elle la majorités des éléments encore sains et décidés, a jugé le moment venu de sortir le mouvement national de l’impasse où l’ont acculé les luttes de personnes et d’influence, pour le lancer aux côtés des frères marocains et tunisiens dans la véritable lutte révolutionnaire.

Nous tenons à cet effet à préciser que nous sommes indépendants des deux clans qui se disputent le pouvoir. Plaçant l’intérêt national au-dessus de toutes les considérations mesquines et erronées de personnes et prestige, conformément aux principes révolutionnaires, notre action est dirigée uniquement contre le colonialisme, seul ennemi et aveugle, qui s’est toujours refusé à accorder la moindre liberté par des moyens de lutte pacifique.

Ce sont là, nous pensons, des raisons suffisantes qui font que notre mouvement de rénovation se présente sous l’étiquette de FRONT DE LIBÉRATION NATIONALE, se dégageant ainsi de toutes les compromissions possibles et offrant la possibilité à tous les patriotes algériens de toutes les couches sociales, de tous les partis et mouvements purement algériens, de s’intégrer dans la lutte de libération sans aucune autre considération.

Pour préciser, nous retraçons ci-après, les grandes lignes de notre programme politique :

BUT : L’Indépendance nationale par :

1) La restauration de l’Etat algérien souverain, démocratique et social dans le cadre des principes islamiques.

2) Le respect de toutes les libertés fondamentales sans distinction de races et de confessions.

OBJECTIFS INTÉRIEURS:

1) Assainissement politique par la remise du mouvement national révolutionnaire dans sa véritable voie et par l’anéantissement de tous les vestiges de corruption et de réformisme, cause de notre régression actuelle.

2) Rassemblement et organisation de toutes les énergies saines du peuple algérien pour la liquidation du système colonial.

OBJECTIFS EXTÉRIEURS:

- Internationalisation du problème algérien.

- Réalisation de l’Unité nord-africaine dans le cadre naturel arabo-musulman.

- Dans le cadre de la charte des Nations Unies, affirmation de notre sympathie à l’égard de toutes nations qui appuieraient notre action libératrice.

MOYENS DE LUTTE :

Conformément aux principes révolutionnaires et compte tenu des situations intérieure et extérieure, la continuation de la lutte par tous les moyens jusqu’à la réalisation de notre but.

Pour parvenir à ces fins, le Front de libération nationale aura deux tâches essentielles à mener de front et simultanément : une action intérieure tant sur le plan politique que sur le plan de l’action propre, et une action extérieure en vue de faire du problème algérien une réalité pour le monde entier avec l’appui de tous nos alliés naturels.

C’est là une tâche écrasante qui nécessite la mobilisation de toutes les énergies et toutes les ressources nationales. Il est vrai, la lutte sera longue mais l’issue est certaine.

En dernier lieu, afin d’éviter les fausses interprétations et les faux-fuyants, pour prouver notre désir de paix, limiter les pertes en vies humains et les effusions de sang, nous avançons une plate-forme honorable de discussion aux autorités françaises si ces dernières sont animées de bonne foi et reconnaissent une fois pour toutes aux peuples qu’elles subjuguent le droit de disposer d’eux-mêmes.

1) La reconnaissance de la nationalité algérienne par une déclaration officielle abrogeant les édits, décrets et lois faisant de l’Algérie une terre française en déni de l’histoire, de la géographie, de la langue, de la religion et des mœurs du peuple algérien.

2) l’ouverture des négociations avec les porte-parole autorisés du peuple algérien sur les bases de la reconnaissance de la souveraineté algérienne, une et indivisible.

3) La création d’un climat de confiance par la libération de tous les détenus politiques, la levée de toutes les mesures d’exception et l’arrêt de toute poursuite contre les forces combattantes.

EN CONTREPARTIE :

1) Les intérêts français, culturels et économiques, honnêtement acquis, seront respectés ainsi que les personnes et les familles.

2) Tous les français désirant rester en Algérie auront le choix entre leur nationalité et seront de ce fait considérés comme étrangers vis-à-vis des lois en vigueur ou opteront pour la nationalité algérienne et, dans ce cas, seront considérés comme tels en droits et en devoirs.

3) Les liens entre la France et l’Algérie seront définis et feront l’objet d’un accord entre les deux puissances sur la base de l’égalité et du respect de chacun.

Algérien ! nous t’invitons à méditer notre charte ci-dessus. Ton devoir est de t’y associer pour sauver notre pays et lui rendre sa liberté ; le Front de libération nationale est ton front, sa victoire est la tienne.

Quant à nous, résolus à poursuivre la lutte, sûrs de tes sentiments anti-impérialistes, nous donnons le meilleur de nous-mêmes à la patrie.

1er Novembre 1954

Le Secrétariat national


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adhrar
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MessageSujet: Re: DECLARATION DU 1ER NOVEMBRE 1954   Ven 28 Aoû - 3:38

Ifri : les bourgeons de l’Indépendance


Le congrès se réunit à Ifri, dans la région d’Ighzer Amokrane, sur la rive gauche de la Soummam, à quelques kilomètres d’Akbou, le 20 août 1956.

Le procès-verbal de la première séance fait ressortir six signatures, à savoir celles de Larbi Ben M’hidi, représentant de l’Oranie (chef de séance), Abane Ramdane, représentant le FLN (secrétaire de séance), Amar Ouamrane, représentant de l’Algérois, Krim Belkacem, représentant de la Kabylie, Zighout Youcef, représentant du Nord-Constantinois, et Ahmed Ben Tobbal, adjoint de Zirout. Il est fait mention cependant de deux membres absents, en l’occurrence Ben Boulaïd, représentant des Aurès Némemchas, et Si Chérif, représentant le Sud, « mais excusé après avoir adressé son rapport à la réunion », racontera plus tard dans un livre Ben Youssef Benkhedda. Même si le congrès s’est réduit à six membres, il n’en demeure pas moins que plusieurs chefs de l’ALN ont tenu à faire le déplacement à Ifri. Nous pouvons citer Ali Kafi, Mostefa Ben Aouda, Hocine Rouibah, Brahim Mezhoui, Mohammedi Saïd, Saïd Yarourène, Aït Hamouda Amirouche, M’hammed Bouguerra et Ali Mellah. Sans trop s’attarder sur les questions secondaires, le congrès a dû procéder à la désignation des organes de la direction du FLN que sont le Conseil national de la révolution algérienne (CNRA) et le Comité de coordination et d’exécution (CCE). Agissant comme un véritable parlement, le CNRA se composait de 34 membres, dont 17 suppléants. Cet organe, qui jouait le rôle de direction suprême de la Révolution, englobait en son sein les six congressistes ainsi que d’autres figures connues, entre autres, Ahmed Ben Bella, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Boudiaf, Benyoussef Benkhedda, M’hammed Yazid, Abdelhamid Mehri, Mohamed Ben Yahia, Ahmed Francis, Mohammedi Saïd. Le CNRA, émanation de la souveraineté nationale, avait la latitude de prendre des décisions d’orientation politique, militaire, économique et sociale. Quant à l’exécutif, le CCE, désigné par le CNRA, il était habilité à engager des négociations avec l’adversaire. « Lui seul est compétent pour se prononcer sur la guerre et sur la paix », signalera Ben Youssef Ben Khedda dans son livre. Investit de missions propres à un chef d’Etat, le CCE, comme l’avait décidé le congrès, devait être dirigé par une équipe collégiale dont la composante est Abane Ramdane, Larbi Ben M’hidi, Krim Belkacem, Ben Youssef Benkhedda et Saâd Dahlab. Des décisions importantes furent prises dont la plus importante est la délimitation territoriale en six wilayas et la création de la Zone autonome d’Alger. Pressentant le danger militariste, le Congrès de la Soummam affirmait solennellement : « Le grade de général n’existera pas jusqu’à la libération. » Deux principes fondamentaux furent votés : primauté du politique sur le militaire, et primauté de l’intérieur sur l’extérieur. Quant à la nature de l’Etat algérien, la plateforme de la Soummam se prononce pour une république démocratique et sociale, selon les principes islamiques. Pour atteindre ce but, elle insiste sur la nécessité de « cimenter l’union nationale anti-impérialiste » en entraînant dans le combat toutes les couches de la nation. Contre la propagande de la France qui accusait le FLN d’être au service d’une puissance étrangère, la plateforme de la Soummam est catégorique : « La Révolution algérienne est un combat patriotique dont la base est incontestablement de caractère national, politique et social. Elle n’est inféodée ni au Caire, ni à Londres, ni à Moscou, ni à Washington. » L’allusion au « Caire », témoignera encore Ben Youssef Ben Khedda, déplut fortement à Djamel Abdelnasser, qui nourrissait alors, selon l’ancien président du GPRA, l’ambition de devenir le tuteur de la Révolution algérienne.

Par Djamel Zerrouk \ El-Watan
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