Thamurth Ith Yaala

Forum, discussion, échanges, avis des Yaalaouis.
 
AccueilGalerieFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 SEVENTIES...OUAZIB MED AMEZIENE

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
tikka
V.I.P.
V.I.P.
avatar

Masculin
Nombre de messages : 6081
Age : 56
Localisation : Setif
Emploi/loisirs : Gestion/nature
Humeur : Idhourar i dh'al3amriw...
Date d'inscription : 08/07/2008

MessageSujet: SEVENTIES...OUAZIB MED AMEZIENE   Mer 30 Juil - 9:56

Le nouvel album de Ouazib Med Ameziane est dans les bacs
''A Yemma Allhifiw'', un cocktail de poésies et de musiques du terroir

L’artiste, d’emblée, se désole et déplore le triste sort de l’artiste algérien en général, mal considéré dans son propre pays, alors qu’il est promu et récompensé sous d’autres cieux.

Dans une rencontre conviviale, ponctuée par d’anecdotes croustillantes et d’impérissables souvenirs, à l’occasion de la sortie de son nouvel album intitulé A yemma Allhifiw, l’artiste évoque avec nostalgie et passion ses débuts avec la légendaire émission "Micro caché", consacrée aux nouveaux chanteurs et animée à l’époque par Medjahed Mouhoub à la Chaîne 2, ses compères; Atmani, Idir, Abranis, Matoub, Ait -Menguellet, Taleb Rabah, Ait-Meslayen, … avec lesquels, il a vécu la période faste des années 70- 80 de la chanson kabyle, lorsque chanter rimait avec militantisme, engagement, solidarité et union pour un idéal commun. L’artiste, d’emblée, se désole et déplore le triste sort de l’artiste algérien en général, mal considéré dans son propre pays, alors qu’il est promu et récompensé sous d’autres cieux.

" Je me souviens, comme aujourd’hui, lorsque Ouazib est passé à la radio. Il a fortement marqué son passage…Et je trouve qu’il a eu un parcours singulier, fourni et des plus modestes. ", dira Youcef, un quadragénaire admirateur du chanteur. D’emblée, invité à jeter un regard rétroactif sur son parcours, Ouazib, le regard figé, enfoui à travers les arcanes du temps et des souvenirs, dont jaillit un soupir mêlé à la satisfaction et à la douleur, affirme sans retenue : " Je ne regrette rien, si c’était à refaire, je referai le même itinéraire,…On a gagné la lueur d’espoir et de liberté qui se profile à l’horizon." Quant au piratage, répétitions et au non stop et autres malversations qui caractérisent la scène artistique de nos jours, l’auteur de N’kni A ka Idnukni, (Nous, on est comme ça) se désole, tout en notant un aspect positif sous un certain angle pour la pratique. "C’est un drame, à voir la médiocrité qui émerge au détriment de l’art authentique.

Quoique la création ait reçu un coup- en stagnant-, je ne suis pas contre les reprises mais, avec un minimum de reconnaissance pour les aînés et de respect pour la réglementation et les droits d’auteur… D’un autre côté, ça a le mérite de faire face et de contrecarrer les fossoyeurs de la culture et de l’identité amazighe…Med Allaoua et les autres ont chassé le virus.", rassure-t-il. Papillonnant d’un thème à un autre, d’un personnage à un autre et d’une époque à une autre, l’artiste retrouve au mieux et avec précision ses souvenirs.Evoquant la Légion d’honneur récemment déscernée par le président français à l’illustre

K. Hammadi, le chanteur se dit ému de joie : " L’art n’a pas de patrie, il est universel…On remercie le président Sarkozy, il a vu juste…Da Kamel mérite tant !...50 ans de carrière umazal ", dira-t-il, et d’ajouter avec un pincement au cœur " C’est cela la triste réalité de l’artiste algérien. Chez lui il est a bandonné à lui-même, sans aucune reconnaissance ". … Et Matoub ? Lui lance-t-on " … Matoub était un homme exceptionnel, avait plus de qualités que de défauts ; généreux, courageux, juste…C’est regrettable, sa disparition est une grande perte pour la société et le pays. On a perdu quelqu’un qui devrait être parmi nous aujourd’hui. Il est plus courageux que nous (…) Je l’avais précédé à l’art. Un jour, en 1977 (juin), alors que je faisais partie des chanteurs de demain, je l’avais inscrit sur la liste. On lui avait refusé l’accès à la rue Hoche, disant qu’il était nul, il est passé trois où quatre fois. Et qu’il peut devenir ministre, président ou autre chose mais, jamais artiste!...Certains peuvent témoigner, Belkhir Med Akli,…Djamel Chir qui était à la percussion de l’émission. Ce jour-là, Malika Domrane était venue enregistrer Akchlaw guer tugmas. …J’avais tout fait pour le faire rentrer ; ce jour-là, les responsables l’avaient inscrit le 31ième de l’émission. (…) il m’avait dit qu’il avait passé la nuit sous le palmier de la rue Hoche, lieu situé à quelques mètres des studios", soutient-il avec beaucoup de regrets. Et des anecdotes à propos du chantre, Ouazib pouvait nous en raconter des tas, lui qui l’a côtoyé durant de très longues années. Quant à la femme kabyle, Ouazib la place au firmament du podium : "Pour les chanteuses, c’est des véritables combattantes, des guerrières, des cavalières et des militantes…la femme accompagne l’homme en tout, c’est la gardienne du temple… Dda Slimane l’a placée dans son contexte. C’est le socle de la famille et de la société ! " Ah ! Vous citez une icône, commente-t-on. Après un moment de silence, le chanteur répond par un refrain de son dernier album, dans Netkath Ayigougamen, (…Tant de villages ont enfanté des hommes qu’ils -villages- n’ont pu contenir, ils -les hommes- sont tellement grands et forts,… le pays ne les a pas relevé),…Et d’ajouter : " J’ai eu la chance de le voir quelquefois, on a enregistré dans la même boite, à Numidie Music. Il est toujours, calme, modeste dans son chapeau gris et son parapluie. J’ai discuté, en compagnie de Idir, avec lui…C’est quelqu’un qui mérite du respect, c’est quelqu’un qui s’efface de peur de gêner ne déranger!" Tant fut la période faste des années 70 et 80 riche en événements et cumul de beaux souvenirs, Ouazib, explorant sa mémoire, revisite cette dernière… "J’ai beaucoup d’estime pour les artistes qui accordent de l’importance à la thématique, au texte…En effet, j’avais composé, à 19 ans (1976), cinq où six textes, dont Idh Dwas Atelniyi, au groupe Abranis. On était dans la même boite, Bordj El Fen, à Paris… Karim a été séduit par mon travail, Ils étaient pour moi des lumières. J’avoue que j’ai été flatté d’être chanté par le groupe Abranis." se remémore t-il. Par ailleurs, il nous confie qu’a l’occasion du récent hommage rendu à Taleb Rabah, "j’ai dû remuer ciel et terre pour trouver un CD, une cassette de Dda Rabah pour répéter deux où trois chansons pour les chanter lors de l’hommage,… J’ai trouvé, par hasard, dans la rue à Tizi-Ouzou, un MP3 piraté contenant une compilation.

Revenant au nouvel album qu’il vient d’éditer, Ouazib, comme à l’accoutumée, a accordé la primauté à la thématique qu’il se veut variée, puisée dans le vécu quotidien de ses concitoyens. Il a touché à tout, la légendaire montagne de Djurdjura, la misère sociale, la patience,… Y compris un crochet vers ses amours d’antan qu’il revisite avec la même fougue qu’auparavant. "Comment t’oublier" (Amek Akmatsough), "c’est sur toi que j’ai commencé à chanter" (Fellam ivdigh acna), "Montagne, salue sur toi" (Fellak Slam ayadrar), "Je demeure " (Mazaliyi),…Ce sont, entre autres, les titres de chansons du nouvel album, intitulé Mère, oh! Ma misère, (A yemma Allhifiw), que vient de sortir Ouazib Med Ameziane chez l’édition Amazigh. Une œuvre réussie sur les différents plans, un véritable cocktail qui englobe thématique, poésie et musique du terroir. En somme, de quoi se régaler et passer de bons moments en cette période estivale.

Ahmed Kessi
La depeche de kabylie
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
SEVENTIES...OUAZIB MED AMEZIENE
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» SEVENTIES...OUAZIB MED AMEZIENE
» INTERVIEW:OUAZIB.....SUITE...INTERET GENERAL....

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Thamurth Ith Yaala :: Culture :: Culture, Art, Musique, ...-
Sauter vers: