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 Sacrée kabyle !

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tikka
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MessageSujet: Sacrée kabyle !   Dim 1 Aoû - 16:19



Relique aux couleurs chatoyantes, ses senteurs embaument l’univers vestimentaire algérien d’un parfum identitaire millénaire, vaste ancrage où se croisent des traditions, des beautés et des espoirs d’un retour aux sources d’une histoire qui a commencé douloureusement depuis la nuit des temps.
Face aux multiples convolutions qui agitent le monde moderne, l’attachement des unes et des autres à la robe kabyle se manifeste par un port quotidien assimilé à un bel acte de résistance devant la persistance de la domination d’une certaine “manière stylistique” menaçante à maints égards.
Madame Baouz Menoune d’Ighzer Amokrane fait partie de ses “chevalières émérites de la robe kabyle” qu’elle entretient comme une femme chouchoute la chair de sa chair, avec une tendre jalousie, multiples soins et perfectionnements inlassables. Dans son petit atelier, des filles timides mais passionnées œuvrent comme des fourmis acharnées, hautement attentionnées aux fils qui s’allongent avec maladresse, soucieuses de l’harmonie des couleurs et la sagacité d’un style éperdument recherché. “La survie de la robe kabyle est étroitement liée au respect des goûts”, dit cette dame d’une quarantaine d’années. Et cela diffère selon l’âge des femmes. “Dans sa stratégie de lutte pour la sauvegarde de ce qu’elle considère comme la plus belle robe du monde, madame Baouz garde les yeux ouverts sur l’effet mode et s’y inspire pour en faire de leksiwa un vêtement fashion.” Actuellement, les femmes sont savamment exigeantes, reconnaît-elle. A force de regarder les magazines et la télévision, les plus jeunes souhaitent se mettre en valeur non seulement par leur beauté naturelle mais aussi avec des vêtements qui épousent certaines coupes modélisées selon les saisons et les occasions de fêtes notamment. “Les jolies tresses cristallines des pans pendouillant, les croisements qui serpentent aux contours du décolleté, les zigzags chatouilleux qui suivent en filigrane l’extrémité des manches ne sont plus un secret pour cette dame. Sans formation spécifique, en se contentant uniquement d’un certificat de travail, elle s’entiche depuis vingt ans à rendre à la robe kabyle la place qui est légitimement la sienne. “Il faut décomplexer la femme !”, somme-t-elle dans l’espoir avoué que la robe ne fasse plus de résistance sur ses terres ancestrales.
Pour y arriver, elle confectionne périodiquement plusieurs collections, destinées aux lilliputiennes, aux jeunes filles et aux femmes âgées dont les beautés variées subjuguent irrésistiblement. Autour de son atelier glamour se dessine silencieusement une quête initiatique ; des modèles antiques côtoient les modèles récents, chacun renvoyant le visiteur à une époque et une condition sociale ; de la pauvreté des anciens à la prospérité des contemporains.
Aussi, la matière utilisée prédestine l’habit à une frange distinguée. Jamais satisfaite, la dame aux mille et une idées réalise des pantalons " style kabyle ", ample vêtement destiné aux femmes dont la couleur prisée est le noir. “C’est le choix majoritaire des clientes !”, dit-elle.
Ces pantalons efféminés portent d’agréables motifs où se croisent des fleurs, des insignes et des miroitements aveuglants, le tout brodé dans une allégresse peu commune. Ses confections s’apparentent à des œuvres d’art ; décolletés changeants, tailles aux choix, bouclettes sous aisselles et couleurs assorties font le bonheur de plusieurs de nos consœurs. “Et lorsque l’foudha et une bonne thasfifth se marient, la fille qui en porte ne restera pas longtemps célibataire”, dit-elle avec ironie pour justifier le penchant extravagant des clientes. “Même les émigrées en sont folles, sous le charme !”, ajoute-t-elle. Lorsque madame Baouz parle de la robe kabyle son verbe est souvent plein d’émotion distillé avec la tonalité d’une combattante, poings fermés. Mais quel est l’avenir de cette robe ? “La robe kabyle est une pièce d’identité. Son avenir est entre nos mains, dit- elle, ferme. La robe doit vivre avec son temps et s’adapter au marché, sur le plan du prix, des modèles et de le fierté personnelle”. Sacrée kabyle !TD


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