Thamurth Ith Yaala

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 Il est important de savoir qui a trahi Amirouche

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MissNchrea
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Date d'inscription : 31/07/2008

MessageSujet: Il est important de savoir qui a trahi Amirouche   Mer 25 Aoû - 13:16

Le général Hocine Benmaâlem, ancien secrétaire de Amirouche.

«Il est important de savoir qui a trahi Amirouche»

Le général-major à la retraite Hocine Benmaâlem,
ancien secrétaire du colonel Amirouche, nous livre son témoignage sur
le parcours du chef de la Wilaya III. Amirouche était très en colère
contre les responsables à l’extérieur qu’il accusait de ne pas
s’occuper des Wilayas de l’intérieur.







- Comment vous êtes devenu secrétaire du colonel Amirouche ?

Ma première rencontre avec Amirouche remonte au printemps
1956 dans mon village natal : Kalaâ des Beni Abbès. C'était pendant les
vacances de Pâques ; j'étais, à ce moment-là lycéen. Je me trouvais
dans un magasin avec un ami également lycéen, Benmeni Mahdi, qui est
tombé par la suite au champ d'honneur. Amirouche, qui était responsable
de la Petite Kabylie, passa accompagné de Krim Belkacem. Ils étaient
venus rencontrer la délégation des Aurès conduite par Omar Ben Boulaïd.
Le commerçant, qui les a invités à prendre un thé, était au courant de
notre intention de rejoindre l'ALN, il dit alors aux deux responsables
: «Ces jeunes veulent rejoindre l'ALN.» Ils répondirent tous les deux
qu'il n'en était pas question, qu'il fallait que nous continuions nos
études, car l'Algérie indépendante aura besoin de nous. Nous étions
déçus et nous rejoignîmes notre établissement. Ce n'est qu'après la
grève des étudiants, qui a eu lieu quelque temps après, que nous sommes
venus le revoir. Il accepta à ce moment-là de nous recruter. Il m'a dit
de suivre le chef de secteur. Il a ajouté : «Nous nous reverrons
bientôt.» Suivant les instructions reçues, le chef de secteur me
présenta à un commissaire politique régional, un ancien militant bien
connu dans la région : Si Mohand Akli Naït Kaâbache. Je suis resté avec
lui jusqu'au congrès qui s'est tenu à Ouzellaguène. A la fin de la
réunion, Amirouche me convoqua et me demanda de l'accompagner à la
Wilaya 1 comme secrétaire. Je suis resté avec lui presque une année
pendant laquelle je l'ai accompagné aux Aurès et en Tunisie jusqu'au
jour où il m'ordonna d'aller faire des études au Moyen-Orient.
J'ai reçu une formation d'officier à l'Académie militaire en Syrie,
puis en Egypte. Au moment où j'ai rejoint de nouveau l'ALN en avril
1959, Si Amirouche venait juste de tomber au champ d'honneur. Cela a
été un grand choc pour moi et une grande perte pour l'Algérie.
- Certains acteurs de la vie politique et des
personnes historiques n'hésitent pas à traiter Amirouche de
sanguinaire. Vous qui l'avez côtoyé, pensez-vous qu'il l'était vraiment
?


Je n'accepterai jamais de traiter de la sorte un héros comme
Amirouche. Grand chef révolutionnaire et grand patriote sont les
qualificatifs qu'on doit lui attribuer.
C'est vrai qu'il y a eu un certain dérapage au cours de l'opération la
Bleuite ; des combattants de l'ALN ont été exécutés injustement, mais
il faut placer les choses dans le contexte du moment, les conditions de
vie étaient très difficiles dans les maquis. Si Amirouche a toujours
agi en bon père de famille, des erreurs ont été commises, mais de bonne
foi, le but était de sauver la Révolution. C'est lui-même qui déclara
au cours d'un discours prononcé devant des milliers de maquisards en
novembre 1958 : «On dit que l'Armée de libération nationale commet des
injustices. Non, l'ALN ne commet pas d'injustices, elle commet des
erreurs.» C'est facile pour des
personnes qui sont aujourd'hui bien installées dans leur fauteuil de
traiter Amirouche de sanguinaire. Je suis curieux de savoir ce qu'elles
auraient fait, si elles avaient été à sa place à cette époque-là.
Ensuite la Bleuite n'est pas une affaire facile à gérer ; c'est une
grande opération montée par les services psychologiques de l'armée
française dirigés par le général Jacquin et le capitaine Léger. Il faut
reconnaître qu'ils l'ont réussie, comme nous, nous avions réussi
l'opération l'Oiseau bleu. Pendant la guerre, on gagne des batailles,
on en perd d'autres, l'important c'est de gagner la guerre et nous
l'avons gagnée. Nous avons vécu ensemble presque un an, Si Amirouche
était un homme bon, humain qui aimait et respectait ses frères d'armes.
Il s'est toujours comporté comme un bon père de famille. Ceux qui
prétendent qu'il était sanguinaire, que Dieu leur pardonne. Ce n'est
pas vrai, c'est totalement faux.
- Comment réagissait-il aux exécutions pendant l'affaire de la Bleuite ?

J'étais au Moyen-Orient pendant la période de la Bleuite.
Donc je ne peux pas porter de jugement, il y a des personnes ayant vécu
ce tragique événement, ont fait des témoignages. Par contre, je peux
dire, connaissant parfaitement l'intéressé, Amirouche est incapable de
faire du mal à ses compagnons d'armes. C'est vrai qu'il était très dur,
mais il l'était tout autant avec lui-même. Et en plus, cette affaire
n'était pas gérée directement par lui. Il avait désigné une commission
pour cette pénible mission, ceci ne diminue en rien sa responsabilité
en tant que premier responsable de la Wilaya. Mais je le répète, des
erreurs ont été commises, ce n'était pas dans l'intention de nuire,
mais pour servir la Révolution. Pour répondre à votre question, Si
Amirouche a certainement vécu dans la douleur cette période, certaines
personnes ont déclaré qu'elles l'avaient vu en train de pleurer.

- On reproche aussi à Amirouche d'être un anti-intellectuel. Qu'en était-il réellement ?

Totalement faux. Au contraire, il n'y a pas, à ma
connaissance, un responsable qui, comme lui, respectait les gens
instruits et encourageait les autres à s'instruire. A notre arrivée à
Tunis, il s'était enquis immédiatement de la situation des étudiants
algériens qui était lamentable. Il les avaient habillés correctement et
leur a assuré par la suite l'hébergement et la nourriture. Que de
groupes de jeunes, il a dirigé de l'intérieur du pays vers Tunis pour
étudier ; il pensait constamment à la formation des cadres pour
l'Algérie indépendante.

- Comment justement voyait-il cette Algérie indépendante ?

Ecoutez, son souci immédiat était l'indépendance du pays. Il
fallait d'abord se débarrasser du colonialisme. Il ne pensait qu'à ça.
Après, c'est vrai qu'on imaginait tous l'Algérie indépendante comme un
véritable paradis. Nous étions des idéalistes.
- Un des moments forts que vous aviez vécu avec le
colonel Amirouche, c'est lorsque vous l'aviez accompagné dans les
Aurès. Comment s'était déroulée cette mission ?

Les congressistes étaient étonnés que la délégation de la Wilaya I
ne soit pas présente, alors qu'une invitation avait été adressée à Si
Mostefa Ben Boulaïd. Inquiet de cette absence, il a été décidé la
constitution de trois commissions pour se rendre dans la Wilaya I pour
s'enquérir de la situation. Zighoud Youcef et Brahim Mezhoudi devraient
venir de l'Est, Ouamrane et Si Cherif (Ali Mellah), du Sud, et
Amirouche devait rejoindre de l'Ouest. Mais malheureusement, Zighoud,
en cours de route, est tombé au champ d'honneur, Ouamrane et Si Cherif
étaient retenus par des tâches importantes dans leurs Wilayas
respectives (IVe et VIe). Finalement, seul Amirouche, accompagné de son
secrétaire, c'est-à-dire moi-même, et le garde du corps, Abdelhamid
Mahdi, s'est rendu à la Wilaya 1
On rencontra près de Bordj Bou Arréridj une délégation dirigée par Omar
Ben Boulaïd. Il avait déclaré que celle-ci se rendait pour assister au
congrès. Quand Si Amirouche demanda après Si Mostefa, Omar répondit
qu'il était tombé au champ d'honneur en mars 1956. Si Amirouche lui
reprocha de n'avoir pas donné cette nouvelle quand il est venu au
printemps passé en Wilaya III. Il n'a rien trouvé à dire. Ce qui
s'était passé en réalité, c'est qu'une guerre de succession s'est
déclarée après la disparition de Si Mostefa Ben Boulaïd et Omar Ben
Boulaïd était l'un des candidats, c'est pour cela qu'il a caché la mort
de son frère quand il est venu à la Wilaya III. Il voulait en fait la
caution de Krim Belkacem qui était très respecté par Si Mostefa, au
point qu’il demanda à ses collaborateurs de s'adresser à lui au cas où
il lui arrivait malheur. D'ailleurs dès qu'il retourna en Wilaya I,
Omar déclara que le «Nidam» l'avait désigné à la place de son frère, ce
qui aggrava la situation.

Nous avons rencontré également un émissaire d' Adjoul Adjoul
qui déclara également qu'il se rendait pour assister au congrès. La
quasi-totalité des responsables des Aurès ont très bien accueilli Si
Amirouche. Ils ont été très satisfaits des décisions du congrès ; ils
l'accompagnèrent au cours de toute la mission. Il ne prenait aucune
décision sans demander leur avis ; leur collaboration a été précieuse
et a contribué à la réussite de la mission. Si Amirouche et ses
accompagnateurs ont sillonné pendant plus de deux mois une bonne partie
de la wilaya. Les déplacements étaient quotidiens pour pouvoir
contacter les différents responsables, rencontrer les combattants, leur
parler pour remonter leur moral, les occuper en leur fixant des
missions de combat, contacter la population pour l'encourager et la
mobiliser, tenir des réunions, prendre des décisions parfois graves et
même risquées.

- Mais il y a eu l'épisode Adjoul Adjoul. Que s'est-il passé ?

Pour connaître la situation, Amirouche tenait à rencontrer
tous les responsables, y compris Adjoul. La rencontre avec ce dernier a
été cordiale, il s'est montré coopératif lorsque Amirouche lui a
demandé de céder le commandement de sa région pour l'accompagner dans
les Nememchas et même jusqu'en Tunisie. Il faut souligner qu’Adjoul
était un moudjahid de la première heure. Il était l'un des adjoints de
Mostefa Ben Boulaïd ; il était lui aussi candidat à la succession de ce
dernier. La plupart des responsables rencontrés dans les Aurès
l'accusaient d'avoir exécuté Chihani Bachir et d'être aussi à l'origine
de l'envoi du poste radio piégé dont l'explosion a provoqué la mort de
Mostefa Ben Boulaïd. Malgré cela, Amirouche l'a ménagé et quand les
responsables de la région de Ali Nas l'ont refoulé et lui ont interdit
de continuer le chemin avec Amirouche, ce dernier, pour le protéger,
lui a donné la possibilité de se rendre auprès du CCE. Il lui remit un
ordre de mission. Il accepta la proposition et nous nous séparâmes.
Quelques jours après, nous le retrouvâmes à Kimel. Il avait
complètement changé d'avis et il exigeait de reprendre le commandement
de sa région. Amirouche l'invita à une grande réunion qui devait avoir
lieu à Sidi Ali, le lendemain. Adjoul arriva, mais on constata qu'il
était sur ses gardes. Intrigués par cette attitude suspecte, Amirouche
et les autres responsables ont pensé qu’Adjoul allait assassiner tous
les responsables présents pendant la nuit. Donc, ils ont décidé, à
titre préventif, de l'arrêter et l'envoyer au CCE pour statuer sur son
cas. Il n'a jamais été question de l'abattre. Mais, comme il était en
état d'extrême vigilance, il riposta, ainsi que ses gardes du corps
quand on a voulu l'arrêter. Une fusillade éclata, trois morts étaient à
déplorer, lui-même avait été blessé. Il s'est rendu le lendemain à
l'armée française.

- Vous avez été contraints d'écourter votre mission dans les Aurès, pourquoi ?

Absolument. On aurait continué notre mission, si nous
n'avions pas reçu la nouvelle de la mort du commandant de la Wilaya
III, Mohamedi Saïd. Une information qui s'avéra fausse. Mais avant de
quitter les Aurès, Amirouche avait donné rendez-vous à tous les
responsables auresiens pour une rencontre en Wilaya III. Elle a eu lieu
effectivement en décembre 1956 à Moka, près d'Ighil Ali. Si El Haoues
était également présent. Entre-temps Amirouche a fait parvenir un
rapport sur sa mission au CCE. Suite à cela, il a été chargé de
poursuivre son travail pour la partie est de la Wilaya I, dont certains
responsables se trouvaient à ce moment-là à Tunis.
- Comment s'est déroulée la mission à Tunis ?

Si Amirouche était accompagné, au cours de cette mission, de
moi-même, de deux gardes du corps (Abdelhamid Mehdi et Mouri Tayeb)
ainsi que de deux responsables auresiens (Tahar Nouichi et Lamouri
Mohamed). Après avoir traversé la Wilaya II avec les différents
incidents de parcours, dont les plus importants furent l'encerclement
près de Aïn Roua par l'armée française et la bataille de Toumiet près
d'El Harrouche, nous avions rencontré les membres du commandement de la
Wilaya II près d'El Kol. Après des marches forcées quotidiennes qu'ont
connues tous ceux qui ont eu à accompagner Si Amirouche, nous sommes
arrivés finalement à Djebel Beni Salah, où nous avions été reçus par
Abderrahmane Bensalem qui nous a accompagnés jusqu'à la frontière
tunisienne au lieudit Ouechtata, de là, on nous transporta dans des
véhicules jusqu'à Souk El Arba, où nous avions été reçus par Amara
Bouglez, responsable de la Base de l'Est qui n'était pas reconnue à ce
moment-là en tant qu'entité autonome. Nous avons par la suite rejoint
Tunis.
Il est à noter que Ali Oubouzar nous a rejoints en cours de route et il
a continué la mission avec nous. J'ai été personnellement très
satisfait, car immédiatement on s'est très bien entendu. Notre amitié
dure jusqu'à maintenant.
Dès notre arrivée à Tunis, Si Amirouche a commencé à activer. Il rendit
visite aux responsables de la Wilaya I qui étaient incarcérés dans une
caserne tunisienne après l'incident de Monfleury. Il s'agissait de
Abbès Laghrour, Cheriet Lazhar, Abdelhaï et autres. Ils ont été
entendus sur procès-verbaux par mon ami Ali Oubouzar, puis par
moi-même. Les PV ont été remis à Si Amirouche qui s'est attelé aussi à
la constitution et l'envoi de groupes d'acheminement d'armes vers la
Wilaya III. Il se rendait souvent aux frontières.
Il s'occupa de la situation des étudiants se trouvant à Tunis qui
étaient en ce moment-là, du fait de la guerre, abandonnés à leur sort.
Il les habilla, leur assura le gîte et le couvert.

Si Amirouche avait une intense activité, il s'occupait de
tout ce qui touchait à la Révolution au point où un jour, le commandant
de la base de Tunis, le commandant Benaouda, lui écrivit une lettre lui
demandant de ne pas s'immiscer dans ce qui relevait de ses
prérogatives, Si Amirouche lui répondit que tout ce qui touchait à la
Révolution le concernait en lui demandant de faire plus d'efforts pour
que les problèmes soient réglés avant qu'ils n'arrivent à lui.
Nous travaillions dans le bureau de l’UGTA dont le responsable était
Mouloud Gaïd. Il était situé au siège de l'UGTT, on nous affecta par la
suite un bureau, rue Sadikia que nous partagions avec le représentant
de la Base de l'Est, Si Rabah Nouar. Un jour, Si Amirouche m'apprit que
nous devions nous rendre en mission au Maroc. On nous délivra deux
passeports tunisiens qu'il m'a remis pour les garder. Quelque temps
après, il me demanda de les lui remettre. Il les ratura, puis il me les
remit en me demandant de les remettre à Ouamrane en lui disant qu'on ne
se rendra pas au Maroc et que la semaine d'après, il sera en Algérie et
c'est ce qu'il fit. Il m'ordonna de me rendre au Moyen-Orient pour
étudier. C'était à la fin de la première semaine de juin 1957. Une
semaine après, il quitta lui-même Tunis pour l'Algérie.

- Pourquoi, avait-il soupçonné quelque chose ?

Sans doute !

- Au congrès de la Soummam, certains chefs de la Révolution ont minimisé le rôle de Amirouche… Est-ce vrai ?
Qui sont ces certains !

- Ali Kafi qui a dit de Amirouche, en
réagissant au livre de Saïd Sadi, qu'il était blâmé par Abane pour
avoir abandonné la délégation de l'Ouest à Lakhdaria et que lors de la
réunion des colonels dans la Wilaya II en 1958, il «tremblait dans sa
djellaba» ?


Amirouche trembler ! Alors il le connaît très mal. Amirouche
qui, de l'avis de tout le monde, a fait face aux dizaines de généraux
de l'armée française. J'ai vécu pratiquement un an à ses côtés et Dieu
sait que nous avions été confrontés pendant cette période à des
situations très périlleuses. Je ne l'ai jamais vu trembler, bien au
contraire. Et puis on n'a pas le droit de calomnier de la sorte un
compagnon d'armes qui est de surcroît tombé au champ d'honneur les
armes à la main, c'est une honte de la part d'un haut cadre de la
Révolution et de l'Etat algérien, mais Ali Kafi n'est pas à sa première
bourde, que Dieu lui pardonne. Amirouche a joué un rôle capital dans la
réussite du congrès de la Soummam qui s'est tenu dans la zone qu'il
commandait. Les vrais architectes qui ont permis la tenue et la
réussite du congrès, ce sont Abane et Ben M’hidi pour ce qui
concernait la préparation des documents qui devaient être discutés au
cours des réunions, et Amirouche aidé par ses collaborateurs de la zone
se sont occupés de la partie la plus difficile : la préparation
matérielle et surtout la sécurité dans une zone où les autorités
françaises étaient aux aguets, puisqu'elles étaient au courant du
déroulement de la réunion grâce à la fameuse mule qui s'est rendue dans
un poste militaire français emportant les documents. Amirouche a changé
le lieu initial du déroulement, mais le nouveau n'était pas très loin
du premier.

- Revenons à la polémique soulevée par le
livre de Saïd Sadi, à savoir les circonstances de la mort de Amirouche
et de Si El Houès. Il laisse entendre que les colonels étaient livrés
par le MALG. Qu'en dites-vous ?


Moi, je ne veux pas entrer dans cette polémique qui a déjà
fait couler beaucoup d'encre, mais je vais vous donner mon point de vue
personnel sur la question :
-1- L'opération de Djebel Thameur a été déclenchée sur renseignement
(rapport du commandant de l'opération au Premier ministre français), ce
n'était pas une opération de routine vu le dispositif impressionnant
déployé par l'armée française sur tout le couloir que devait traverser
Amirouche et Si El Houès. Il reste à savoir, et c'est très important,
qui a fourni le renseignement ?
Moi, personnellement, je n'ai pas de preuve formelle que c'est telle ou
telle partie qui a fourni le renseignement, ça peut être de l'extérieur
comme ça peut être une trahison de l'intérieur (biaâ). On le saura un
jour quand on aura accès aux archives de l'armée française.
-2- Si Amirouche était très en colère contre les responsables à
l'extérieur qu'il accusait de ne pas s'occuper des Wilayas qu'il
jugeait abandonnées à leur sort.
-3- Certains responsables à l'extérieur, y compris certains anciens de
la Wilaya III, appréhendaient beaucoup l'arrivée de Si Amirouche à Tunis

- Après l'indépendance, les ossements des deux
colonels, Amirouche et Si El Houès, étaient séquestrés dans les
sous-sols du ministère de la Défense. Ne trouvez-vous pas ça étrange ?


C'est un comportent inadmissible ! C'est une honte pour le
pouvoir algérien. Ça m'a beaucoup choqué lorsque j'ai appris cela en
1983, quand le président Chadli avait décidé de les réhabiliter en leur
organisant des funérailles nationales. Bien évidemment, Boumediène en
serait le premier responsable, car je ne pense pas que Ahmed Bencherif
ait pris la décision tout seul.





Hacen Ouali - El Watan du 19/08/2010
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