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 Djerba ou le voyage au bout du monde...

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tikka
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MessageSujet: Djerba ou le voyage au bout du monde...   Mar 26 Aoû - 11:03

Tabarka, Nabeul, Sousse, Hammamet sont en Tunisie des stations balnéaires connues et reconnues au niveau mondial comme autant de références touristiques. Les limites de la performance sont encore poussées plus loin à Djerba. Suivez le guide...

L’île aux Mosquées. Djerba compte près de 400 mosquées alors que sa superficie est de 514 km². L’histoire de cette terre tunisienne qui s’est détachée du continent il y a un million d’années, est intimement liée à ses mosquées. Lieux de culte certes, mais aussi de refuge contre les envahisseurs qui n’ont pas manqué depuis la nuit des temps. Leur architecture fortifiée sur des sites perchés, près des côtes pour mieux surveiller, du minaret, l’arrivée de l’ennemi, témoigne de la vigilance et de la crainte dans lesquelles ont vécu les habitants de l’île durant toute leur histoire. Refuges mais aussi points d’eau car à Djerba le principal problème est la rareté de l’eau. Le sous-sol en est si pauvre que les Djerbiens ont développé un ingénieux système de récupération d’eau de pluie en forme de citernes qu’ils appellent «feskias». Une eau de pluie qui, elle aussi, tombe chichement. Le climat est steppique. En été, il fait très chaud. Les 40 degrés Celsius font partie de la «normale saisonnière». Le sol est rocailleux et plat - le point le plus élevé est à 55 mètres - où l’olivier et le palmier résistent et sont toute la richesse agricole de l’île.
C’est de cette terre «du bout du monde» comme la qualifient beaucoup de voyageurs que les Tunisiens ont fait un coin de paradis. Ils en ont fait une zone touristique d’excellence qui n’a pas d’équivalent dans le monde. C’est dans les années 60 que Djerba a commencé sa nouvelle vie. 10km pris sur sa bande littorale de 125km ont suffi pour la métamorphose. Là s’étalent les palaces et hôtels les plus luxueux au monde. Cette petite partie de l’île dispose de toutes les activités connues, à ce jour, dans le domaine touristique. De la planche à voile au jet-ski en passant par le golf et la thalassothérapie; rien n’a été oublié pour contenter les goûts des touristes les plus exigeants. Une intense et ininterrompue activité règne sur cette zone côtière. Des millions de touristes venus principalement d’Europe y sont déversés par les tour-opérateurs, chaque année. «Les hôtels sont déjà réservés et ont fait le plein pour l’été 2009», nous apprend, non sans une légitime pointe de fierté, le commissaire régional de l’Office du tourisme tunisien à Djerba, M.Essayem Mohamed. Une pointe de fierté qui nous prend à notre tour quand on apprend qu’il a bénéficié d’une formation à l’Institut de l’hôtel Aurassi à Alger, au début des années 80. La fonction qu’occupe M.Essayem, fait de lui une importante personnalité, sinon la plus importante de l’île, tenant compte de tout le poids du tourisme dont, d’ailleurs, elle dépend totalement.

L’élevage de crocodiles
Si la zone touristique est «ramassée» sur une bande de 10km, en retrait de toute agglomération, cela ne signifie nullement que ses profits restent intra muros. Quand bien même les touristes y soient traités avec une extrême attention où les moindres de leurs désirs sont aussitôt satisfaits, ils ne résistent guère à faire des escapades dans tous les coins de l’île, à la recherche du pittoresque, des moeurs et coutumes de la région et de bien d’autres besoins comme les musées, l’artisanat ou la gastronomie locale. Le pittoresque, les touristes le trouvent à la presqu’île des flamants roses ou à la ferme aux crocodiles. Une ferme où sont élevés des centaines (400 selon le guide) de ces grands reptiles destinés à l’exportation. Pour les passionnés d’histoire, la plupart des musées sont à ciel ouvert. Que ce soit les ruines de la forteresse byzantine de Gightis ou les vestiges de la cité carthaginoise de Meninx ou encore la forteresse de Borj El Kébir datant du XVe siècle, il n’y que l’embarras du choix pour les visites mémorielles. Pour la découverte de l’artisanat local, la visite du musée des arts et traditions populaires installé dans une ancienne zaouia n’est pas vraiment indispensable. Les touristes trouvent l’équivalent dans le grand centre de Houmt-Souk, une ville pas très loin de la zone touristique et où l’on peut, contrairement au musée, acheter divers objets façonnés par les mains habiles des artisans djerbis. Dans cette même ville, on trouve nombre de restaurants modestes qui changent du luxe des palaces, où séjournent les touristes qui viennent là pour déguster simplement les plats de la région. Les restaurants proches de la pêcherie acceptent même, pour les clients qui le désirent, de griller à la braise les poissons qu’ils auront ramenés avec eux. Tout près d’eux, sont alignées des terrasses de café qui offrent leur spécialité de jus de fruits pressés. Toute une série d’activités nées avec l’essor du tourisme que connaît l’île.

L’île de toutes les religions[url=http://www.servimg.com/image_preview.php?i=88&u=12783329][im
Un centre où les touristes grouillent. Ils vont, viennent, achètent quand d’autres prennent des photos. Ils sont relax, les Djerbis leur sourient, les invitent, les conseillent. Aucun pickpocket n’est signalé. Nous posons la question à M.Essayem. «La délinquance zéro n’est nulle part possible mais je peux vous affirmer qu’elle est ici très exceptionnelle», nous répond-t-il. Il faut dire que les Djerbis dans leur ensemble sont conscients de l’importance du tourisme pour leur région et de la manne financière qu’il procure. D’ailleurs la quasi-totalité de la population (140.000 habitants) vit au rythme de ce tourisme. Que rapporteraient les poteries de Guelila sans les touristes? Ou les ateliers de tissage répartis dans l’île? Que deviendraient les commerces de Houmt Souk?
Bref, une bande de 10km où a été implantée la zone touristique, a créé le «boum» économique qui s’est répandu jusqu’aux coins les plus reculés de cette terre désertique. Mais bien avant les années soixante où virent le jour les premiers hôtels, les Djerbis ont toujours cultivé la tolérance et la cohabitation. Si nous avons évoqué plus haut l’existence de centaines de mosquées, il faut y ajouter la célèbre synagogue «la ghriba», qui, selon la tradition remonterait à la destruction du temple de Jérusalem en l’an 565 avant J.-C. bien que sa construction actuelle date du siècle dernier. Ce ne sont pas seulement les juifs de Djerba qui s’y rendent mais tous les juifs sépharades où qu’ils se trouvent dans le monde. Les chrétiens ne sont pas en reste avec leur église érigée à Houmt Souk. Musulmans malékites, ibadites, sunnites, juifs et chrétiens vivent leur religion en paix et en parfaite entente dans ce petit carré de terre lové dans le golfe de Gabès.
Si bien lové qu’il s’en trouve protégé de la furie des vagues de la Méditerranée. La mer est toujours calme sur les plages de Djerba. Si calme que la température de l’eau y est proche de celle de l’extérieur. Une terre où le silence est absolu et la pollution nulle. Le ciel est d’un bleu azur comme on n’en voit plus ailleurs depuis l’ère industrielle.
Ce petit coin de paradis est l’oeuvre des Tunisiens qui y tiennent comme à la prunelle de leurs yeux. Au manque d’eau chronique, ils n’ont pas hésité à en ramener du continent par une canalisation qui longe la voie d’accès terrestre longue de 7km et qui porte le nom de «chaussée romaine» parce que, précisément, elle date de cette époque bien qu’elle ait été consolidée et aménagée depuis. Une voie d’accès peu connue par le grand public à l’étranger.
Le ferry, qui fait traverser le chenal aux visiteurs, bénéficie de plus de notoriété. Il est bien entendu possible d’y venir également par avion. En une heure de vol depuis la capitale Tunis, on atterrit à l’aéroport international de Djerba-Zarzis où les jets privés côtoient les avions de ligne.
Des jets privés de nombreuses célébrités qui ont jeté leur dévolu sur cette île du bout du monde. Ils y trouvent les douceurs du farniente dans l’anonymat garanti.
Certains y ont même construit ou acheté leur résidence secondaire. Nous avons rencontré beaucoup de touristes qui nous ont affirmé être des habitués et qui viennent 3,4 et 5 fois par an à Djerba. A l’île des rêves, comme ces habitués la désignent.
Toute la performance et l’expertise des Tunisiens en matière de tourisme sont là. Ils ont réussi à faire d’un coin du désert un site paradisiaque. Belle prouesse!

De notre envoyé spécial Zouhir MEBARKI l expression
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