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 Dda Ali..militant_citoyen

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tikka
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MessageSujet: Dda Ali..militant_citoyen   Jeu 28 Aoû - 10:41

De son vivant Ali Zamoum faisait ce constat .

“ A l’époque, nous nous étions totalement engagés dans la lutte, guidés par les idées de militantisme, motivés et impliqués dans le processus de la lutte pour la libération du pays.

“Aujourd’hui, alors que les responsables ne s’intéressent qu’à amasser des milliards, nous ne nous sentons pas concernés et ne participons pas à ce qui se trame.” Un jour, alors que nous prenions un café à la maison à Ighil Imoula, il me dit : “Tu sais, j’ai rencontré Boudiaf, président du HCE. Depuis son retour au pays, il voulait me voir. Après m’avoir exposé la situation, il m’a demandé de travailler avec lui dans l’intérêt du pays comme nous l’avions fait par le passé à la veille du déclenchement armé le Premier Novembre 54.”

Comme j’attendais d’en apprendre plus, il poursuivit :

“Avec toi, il n’y a pas de problème, lui ai-je répondu mais pas avec les autres.” Tout est dit, je comprenais bien la position et la vision de mon oncle, bien que je m’étais réjoui que Boudiaf l’ait sollicité, comme lui avait été ravi et content d’être allé le voir. Bien avant cette période déjà, Ali a été sollicité par Boumediene juste après le coup d’Etat de 1965. Nana Ouiza, sa veuve, se rappelle de cet épisode. Ali n’appréciait pas tellement la convocation émanant de la présidence mais avait tout de même accepté de s’y rendre. De l’entretien qu’il a eu, il lui a rapporté ceci:

“J’ai alors retiré de la poche la carte de moudjahid et l’ai déchirée sous ses yeux. “Ne m’appelez plus” lui ai-je dit. “Si vous voulez me mettre en prison, je n’ai pas peur car je viens d’en sortir ; si vous voulez me tuer, vous êtes habitués à cela.”

Les militants de la cause nationale étaient de bonne foi, maisdepuis l’indépendance du pays, et pour beaucoup d’entre eux, désabusés, meurtris de voir les dérives multiples engendrées par la gestion des affaires de l’Etat, ils se sont attachés à respecter les valeurs humaines enracinées en eux, affirmant leur conviction de rester fidèles aux principes de leur engagements originel, afin de toujours agir dans l’intérêt du pays, aider les citoyennes et les citoyens à retrouver leur dignité, leur statut, leur liberté et leur indépendance. Beaucoup ont effectivement agi selon la conviction qu’il faut toujours rester mobilisé, engagé et impliqué dans / pour les causes justes.

Dans cet esprit et selon cette logique, Ali Zamoum notait en août 1992 :

“À présent, je suis convaincu de ce que j’ai toujours dit : au moment de partir, on a toujours l’impression de laisser quelque chose d’inachevé en chantier... C’est vrai que j’ai consacré toute ma vie à ce pays. C’est étrange de penser ça, de le constater et de le dire sans pudeur. J’ose à peine y croire. Et pourtant. Aujourd’hui, à 59 ans, j’assiste impuissant en spectateur à un affrontement meurtrier entre Algériens qui se disputent le pouvoir en Algérie... Le devenir de ce pays n’est plus entre nos mains. Il ne me reste qu’à en souffrir.” Ali a, pour ceux qui le connaissent, de tous temps, été préoccupé par la souffrance des autres. Jamais guidé par un intérêt individuel, personnel, il a toujours prêté attention à ceux qui souffrent, cherchant à leur apporter soulagement, réconfort, aide assistance dans la solidarité affirmée et la fraternité retrouvée et réaffirmée.

C’est ainsi que tout naturellement l’association qu’il créa en 1996 avec un groupe d’amis fut dénommée Tagmats-solidarité-fraternité en tamazight.

Mais avant cela déjà il s’est en permanence consacré à soulager la souffrance des autres sans rien attendre en retour, recueillant un orphelin par ici, accueillant une famille par là.

Foncièrement homme de bien, il n’a jamais recherché l’enrichissement ni poursuivi la notoriété.

Au moment de la rédaction de ce texte me revient à l’esprit le proverbe chinois qui dit : “ On ne juge pas un homme sur ce qu’il dit ou pense de lui-même mais sur ses actes.”

La commémoration de son décès survenu le 28 août 2004 et la célébration du 12ème anniversaire de la création de Tagmats le 5 septembre 1996 symbolisent au mieux l’homme de son action. “Tagmats? d afus deg fus! La fraternité?- C’est la main dans la main!”

Tout un programme mais aussi, et surtout, un engagement, pour :

venir en aide aux personnes économiquement faible ;

aider les malades nécessiteux par la mise à disposition, sous contrôle médical compétent, de produits pharmaceutiques et de matériel médicaux ; assister moralement et matériellement les personnes en détresse et dépourvues de soutien.

C’est par delà ces objectifs fixés que s’affirme l’engagement des membres fondateurs de Tagmats, leur dévouement et leur abnégation. Depuis sa création, l’association dénommée après le décès de son président fondateur Tagmats Ali Zamoum n’a céssé de poursuivre les objectifs qu’elle s’était fixés, tels que :

Collecte et distribution aux nécessiteux de médicaments (grâce à la gestion d’une petite pharmacie), de glucomètres à des enfants diabétiques, de lunettes, vêtements, produits alimentaires et articles vestimentaires ;

Collecte et distribution de livres aux association, bibliothèques, écoles et lycées;

Secours aux personnes âgées abandonnées et prise en charge de malades nécessiteux ( consultations médicales, traitement, hospitalisation...etc), transport par ambulance (don du CHU de Grenoble), aujourd’hui vétuste (datant de 1987) ;

Mise à disposition de fauteuils roulants, matelas anti escarres ;

Assistance au Centre psychopédagogique de Boghni;

Développement d’un partenariat avec “ Espoir pour un Enfant - Montpellier” qui a abouti à la prise en charge en 2005 et 2006 de deux enfants malades ;

Assistance aux populations touchées par les séismes de Boumerdès (2003) et Laâlam (2006) ;

Engagement d’actions de solidarités pour l’hôpital de Boghni (2005), du centre d’accueil de Yakouren (2006), d’une famille de handicapés à Draâ El Mizan (2007) ;

Lancement du Centre de santé à Hallouane, aujourd’hui en attente de fonctionnement. C’est en reconnaissance à l’engagement de son président que l’association Tagmats a institué depuis 2005 le Prix du méritée Ali-Zamoum qu’elle attribue chaque année à des personnes ou groupes de personnes qui se distinguent par des actions de solidarité envers les plus démunis, les nécessiteux.. Ali-Zamoum repose au carré des martyrs de Tizi n’ Tléta et son œuvre se poursuit à travers toutes celles et tous ceux qui restent engagés par des principes militants pour des valeurs nationales.

Rabah Zammoum, neveu de Ali zammoum, août 2008
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