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 Achoura et l'Imam el-Hussein

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alaalami
Invité



MessageSujet: Achoura et l'Imam el-Hussein   Dim 12 Déc - 15:42

Salam,

À l’occasion de Achoura, et devant cet événement, doublement grand ; et afin de suivre de manière objective la manière dont est relatée cet événement par les média, notamment les chaines de télévision satellitaire, permettez-moi de consacrer mon intervention de ce soir à l’imam El-Hussein ibn Ali.

El-Hussein ibn Ali naquit l’an 4 après l’Hégire. Dès sa naissance, une dame du nom d’Assmâa le porta au Prophète Mohamed. Il le regarda longuement puis se mit à pleurer. La dame interloquée demanda au Prophète de lui expliquer la raison d’un tel épanchement, ce dernier lui révéla que l’enfant qu’elle venait de lui mettre entre les bras allait être un martyr de l’Islam : « El-Hussein sera tué par un groupe d’égarés – FirQa Dhalla (dévergondés, dans un autre texte) en faveur desquels, assura-t-il, il n’intercédera point ». Presque les mêmes propos en ce qui concerne la mort du grand sahabi Ammar Ibn Yasser, tué lors de la bataille de Saffayne en 657, face à l'armée de Mu3awiya *1

Comme son frère El-Hassan, El-Hussein bénéficia auprès du Prophète d’une éducation très riche et sans faille, sous-tendue par une instruction tout aussi vaste que dense embrassant tous les domaines de la Connaissance. Il grandit dans l’ amour infini du Prophète.
A l’âge de 7 ans il perdit son père le Prophète de l’Islam mais retrouva cet autre illustre père qu’était l’Imam Ali. Ce dernier prit donc en charge de continuer à parfaire l’éducation de ses enfants El-Hassan et El-Hussein.

C’est ainsi que le père (Ali) et les deux enfants (El-Hassan et El-Hussein) furent éduqués par la même personne : le Prophète à la fois cousin et beau-père pour l’un mais aussi père et grand-père pour les autres. Dieu assurait ainsi la pérennité de Ses Enseignements à travers une Sainte Lignée, celle des Descendants du Prophète dont l’éducation était l’œuvre de Dieu à travers les mains du Prophète Mohamad.
Après le lâche assassinat de l’Imam Ali par Abderrahmane Ibn Muldjâm ( les Kharijites en accord avec les omeyades ) alors qu'il se prosternait pour la prière du matin ; et l’empoisonnement de l’Imam El-Hassan, il revint à l’Imam El-Hussein, à l’âge de trente ans, de prendre la lourde responsabilité de « conduire la nation », à la demande de la communauté.

L’héritage était encore une fois très lourd à porter. En effet Mou3awia Ibn abi Sofiane avait imposé son fils Yazid aux différents dignitaires de la région - sauf à Médine - en leur demandant de lui prêter allégeance de gré ou de force. Or l’histoire nous apprend que Yazid était une personne sans scrupule. Yazid était notoirement connu pour trois passions : l’alcool, les femmes et la chasse.

Dès son accession au pouvoir en remplacement de son père, Yazid demanda à son représentant à Médine, Walid Ibn Otba, de dire à El-Hussein de lui prêter allégeance.

Walid convoqua El-Hussein une nuit pour lui faire part des ordres qu’il avait reçus de Yazid. El-Hussein demanda d’abord de réserver sa réponse pour le lendemain Puis en réponse à l’énervement de Marwâne Ibn El-Hakam – qui conseilla à Walid de ne pas laisser El-Hussein sortir sans avoir atteint son objectif – El-Hussein déclara qu’il ne pouvait accepter une telle allégeance, qui allait transformer le système islamique dans sa profondeur : le transformer d’une khilafa à une Monarchie *2 ; et que la communauté devait être consultée. Il est évident que ni El-Hussein ni les proches du prophète et des premiers khalifes, ni la grande majorité de la communauté ne pouvait accepter l’allégeance à Yazid, notamment en la présence de l’héritier de la Maison de la Révélation et la Source de la Connaissance l’Imam El-Hussein. J’irai jusqu’à dire que même en l’absence d’El-Hussein, Yazid ne pouvait prétendre à la khilafa pour des raisons évidentes.

A SUIVRE

NOTES :
*1 – Ammar Ibn Yasser fut tué à la bataille de Saffayen (ou Siffin) en 657, face à l'armée de Mu3awiya qui revendiquait son titre de calife à la place de Ali ibn Abi Taleb. Ammar disait à haute voix : « Combattons les gens qui revendiquent la vengeance de Otman. Par Allah, ils ne veulent pas le venger mais s'approprier ce bas monde». Âgé de 93 ans, il s'élança dans la bataille en disant : « Nous vous avons déjà combattu pour la révélation du Coran, aujourd'hui nous vous combattons pour l'avoir mal interprété ». Ses adversaires faisaient tout pour l'éviter car ils repensaient aux dires de Prophète du groupe égaré et inique. Malgré cela, il trouva la mort pendant la bataille et fut enterré par Ali. Les chiites le considèrent parmi les quatre meilleurs compagnons de Prophète car il était un des héros de la bataille de Badr et était célèbre pour sa loyauté envers Ali, en particulier lors du conflit avec Mu3awiya. Les sunnites le tiennent également en haute estime.
*2 – Lire Abu el-A3la el-mawdoudi, El khilafa wel moulk.

Mourad BELAZZOUG - Aït Laalam

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Nazim
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MessageSujet: Re: Achoura et l'Imam el-Hussein   Dim 12 Déc - 17:34

Bonjour Alaami ..

je te remercie pour le texte, j'attends la suite !!
bonne continuation,


_________________
Nazim
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Alaalami
Invité



MessageSujet: Le martyr d'El Hussein Ibn Ali (P)   Lun 13 Déc - 14:30

Salam,

Mille fois merci pour cet accueil. Et encore une fois mes félicitations pour cet havre de l’échange et du savoir.

Poursuivons, donc, l'emouvante histoire du martyr d'El hussein ibn Ali.
Bonne lecture à tous.

Sorti de ces lieux, El-Hussein qui savait alors que sa vie et celle des membres de sa famille, donc de la famille du prophète, et de ses partisans étaient menacées, décida d’émigrer vers la Mecque. La ville sainte était en effet le seul endroit où les arabes, même avant l’avènement de l’Islam, évitaient toujours de verser le sang.

Une fois arrivé à la Mecque, El-Hussein envoya son cousin Muslim Ibn 3àQîl, comme messager en Irak, plus précisément à Koufa, pour vérifier si l’état des consciences dans cette contrée lui était encore favorable.

Rappelons que la ville de Koufa était la base de son père l’imam Ali.

Plusieurs milliers de lettres lui parvinrent de Koufa, l’invitant à venir s’y établir. Ibn Ziad, le représentant de Yazid Ibn Mou3awiya à Koufa, ayant appris que Muslim Ibn 3aQil avait été envoyé en éclaireur en Irak, le fit tuer avec son hôte Hani Ibn 3ourwa ainsi que d’autres partisans. Après avoir commis un tel forfait, Ibn Ziad ferma les portes de la ville.

Il interdit mais aussi découragea toute velléité de révolte en faisant croire aux populations que l’armée de Yazid avait encerclé la ville et était prête à réprimer dans le sang les Désobéissants. Tout ceci afin d’éviter que l’assassinat de Muslim ne s’ébruitât ; ainsi pour Al Hussein, la ville de Koufa était toujours prête à le recevoir.

Conforté par les nouvelles qu’il avait reçues de Koufa, El-Hussein se mit en route pour cette ville en compagnie de sa famille, de tous ses partisans et des membres de leur famille.

Arrivé à Karbala, il rencontra l’armée envoyée par Ibn Ziad et dirigée par Hor Ibn Yazid El-Riyahi et 3omro Ibn Saïd.

Ils furent encerclés par cette armée plusieurs jours durant. Toutes leurs provisions étaient déjà épuisées : Enfants femmes et hommes affamés et assoiffés. Lorsque le 10 du mois Moharram, Ibn Saïd et ses soldats s’abattirent sur le fils du Prophète et les membres de sa famille.

Ils furent tous massacrés avec une extrême cruauté. Les chevaux de l’ennemi piétinèrent le cadavre décapité du petit fils du prophète, du fils de Fatima El-Zahra et de Ali : El-Hussein, tandis que les femmes, attachées derrière les chevaux étaient violemment traînées et humiliées à travers plusieurs villes. Le seul rescapé de ce massacre était Ali Ibn El-Hussein plus connu sous le nom de Zein El-Abedîne.

Zineb , la sœur de El-Hussein , fut horrifiée et pleine de compassion et de tristesse en voyant la tête décapitée de son frère suspendue à la pointe d’une lance. Elle fit un poème fort poignant :

« Que direz-vous lorsque le Prophète vous demandera,
Vous le peuple qu’il a laissé derrière lui,
Qu’avez-vous fait de ma descendance et de ma famille après ma mort ?
Parmi eux des prisonniers de guerre et des corps baignant dans leur sang »

Lorsque Yazid reçut la tête tranchée de El-Hussein , il fit un poème dans lequel il dit :
«Je regrette que mes ancêtres morts à Badr ne soient pas présents en ce jour de gloire. »

La nouvelle de la mort de El-Hussein se répandit à la vitesse du son. Et ses ennemis de répandre des commentaires dénués de tout fondement sur le martyr. Reprochant à El-Hussein,auprès de qui voulait les entendre, de s’être intéressé à la politique au détriment de la religion en allant jusqu’en Irak pour former une armée et combattre Yazid.

Cependant la sœur d’El-Hussein, Zineb, mena tout le long du parcours sur lequel on les traîna, elle et ses sœurs, une campagne d’explication des nobles desseins d’El-Hussein. Elle le fit dans de mémorables discours qu’on peut trouver notamment dans plusieurs ouvrages.


L’œuvre magnifique et surtout le sens du sacrifice du frère d’El-Hassan, fils de Ali et de Fátima et petit-fils du Prophète, sont restés si longtemps mal compris et expressément déformés par les Omeyyades que certaines traditions qui nous sont parvenues le présentèrent tel que le décrivirent ses assassins.
Or donc Al Hussein n’était allé à Kûfa que dans le but de préserver ses partisans et surtout le lourd héritage qu’il avait reçu de son frère. Les preuves en sont nombreuses :

- Il est parti avec les femmes et les enfants donc il n’avait nullement l’intention d’attaquer qui que ce soit.
- Ses partisans de Koufa l’avaient invité avec beaucoup d’insistance à venir rester auprès d’eux afin de continuer l’œuvre de ses prédécesseurs : le Prophète, Ali et El- Hassan. A ce propos, des personnes qu’il avait rencontrées alors qu’il était presque arrivé à destination lui dirent ceci : « Le cœur des gens de Koufa est avec toi mais leurs sabres sont sur toi. ». Hélas il était trop tard.
- Sachant qu’il était l’Imam qui devait rester « debout » et confirmant en cela la prédiction du Prophète, il n’avait aucune autre alternative que celle d’agir. Car sa mort est une action posée contre l'action de déformation profonde du système menée par Mou3awia et son fils Yazid, contre la dictature et le totalitarisme, que l’Islam n’a cessé de combattre. C’est une preuve d’amour pour les principes et pour la liberté.
En effet elle provoqua au sein de l’Oumma une réelle prise de conscience, et mit à nu toutes les déviations et autres perversions des Omeyyades. Cela eut pour conséquence la renaissance de l’Islam vrai et donc sa conservation à travers la Sainte Lignée du Prophète qui se perpétua avec Zein El-Abédine que Dieu avait miraculeusement protégé du massacre de Karbala.
Sous la tente où Zein El Abédine était alité, El-Hussein lui avait légué le pouvoir et le savoir qu’il détenait et lui avait transmis, comme l’ont fait ses prédécesseurs l'amour de la liberté.

Cordialement,

Mourad BELAZZOUG - Aït Laalam
Quelque part en France, le 10 decembre 2010


A très bientôt inchaalh
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