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 L'Mouloud n'Nbbi...

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tikka
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MessageSujet: L'Mouloud n'Nbbi...   Sam 12 Fév - 16:29


C'est bientôt l'Mouloud n'Nbbi(Anniversaire du Prophète Mohamed sssl),merci pour votre collaboration et participation sur cette fête traditionnelle tres chere chez nous...:histoire,coutume et tradition...

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MessageSujet: Re: L'Mouloud n'Nbbi...   Sam 12 Fév - 17:17


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Rima
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MessageSujet: Re: L'Mouloud n'Nbbi...   Dim 13 Fév - 0:07

j'aime beacoup cette fête religieuse
enfant je me rappelle que el mawlid se fêtait comme il se doit au quartier
une ambiance folle qui me procurait une immence joie
les fenetres et les balcons de tous le quartier étaient décorés avec des bougies le soir de la fête et ça explosait de tout part cela donnait une atmosphère magique
et j esperais que la nuit se prolonge et ne finisse pas
enville et dans les quartier populaire c'était une grande fête

aujourd hui je n'achète pas les pétards , juste des bougies et je pense que la meilleure façon de fêter ce jour est l evocation de notre prohète et essayer de suivre son exemple surtout sa tolérance et sa patience en toutes les circonstances.

Bonne fête à tous .
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MessageSujet: Re: L'Mouloud n'Nbbi...   Dim 13 Fév - 11:24

Alphonse de Lamartine disait : « Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, l’immensité de la réussite sont les trois mesures du génie de l’homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l’histoire moderne à Muhammad ? Les plus fameux n’ont remué que des armes, des lois, des empires ; ils n’ont fondé (quand ils ont fondé quelque chose) que des puissances matérielles écroulées souvent avant eux. Celui-là a remué des armées, des législations, des empires, des peuples, des dynasties, des millions d’hommes sur un tiers du globe habité ; mais il a remué de plus des autels, des dieux, des religions, des idées, des croyances, des âmes [...] Sa longanimité dans la victoire, son ambition toute d’idée, nullement d’empire, sa prière sans fin, […] son triomphe après le tombeau (après sa mort) attestent plus qu'une imposture1, une conviction. Ce fut la conviction qui lui donna la puissance de restaurer un dogme. […] Orateur, apôtre, législateur, guerrier, conquérant d’idées, restaurateur de dogmes, d’un culte sans images, fondateur de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel, voilà Muhammad ! À toutes les échelles où l’on mesure la grandeur humaine, quel homme fut plus grand ? »


Lamartine, Histoire de la Turquie, Paris, 1854, Tome 1 et Livre 1, p. 280.

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MessageSujet: La nuit du Mouloud au Méchouar de Tlemcen...   Lun 14 Fév - 11:52



La nuit du Mouloud au Méchouar de Tlemcen

Le Méchouar de Tlemcen était d'abord l'espace où le cheval était élevé et où les caravanes trouvaient des montures fraîches pour les expéditions, soit vers l'Est, soit vers l'Ouest et l'Andalousie, soit vers le Grand Sud aux pays du Touât et du Sawdân. Ce nom de lieu correspond à une terminologie spécifique du lieu où les étalons de chevaux sont élevés. Da Ghamrâcen commença son règne un dimanche 4 octobre 1230 (24 dhûl-Qi'da 627H (633-681H/1236-1283 J.-C.). Il déplaça le siège du royaume qu'il venait d'ériger, du vieux palais de Tagrart, près de la Grande Mosquée de Tlemcen, vers le Méchouar plus au sud, où ce nom de lieu existait déjà. Il y éleva son palais «Dar Al-Moulk» au milieu de jardins devenus célèbres, pour ses fleurs, pour ses citronniers, pour ses orangers et pour ses arbres le long de ses promenades. De nombreuses fontaines d'eau fraîche en perpétuel écoulement s'incrustaient dans cet écrin de parfums et de ruissellement. Da Ghamrâcen avait acquis un exemplaire du Coran de 'Othmân Ibn 'Affân, le quatrième khalife de l'Islam qui constituait un des joyaux de son nouveau royaume. Cet exemplaire du Coran bénéficiera d'un coffre transportable lui assurant sécurité et présentoir.Abou Hammou Moussa Ier (1308-1318) éleva avec le concours de représentants de toutes les tribus du Maghreb central la mosquée d'Al-Méchouar et la rehaussa du superbe minaret, seul témoin de l'époque encore présent.La mosquée du Méchouar a été construite comme un symbole pouvant rassembler toutes les tribus du Maghreb central ayant répondu à l'invitation de Abou Hammou Moussa Ier.Si 'Abderrahmane Ibn Khaldoun a jugé ce regroupement comme une prison dorée pour les rivaux potentiels d'Abou Hammou Ier, on peut considérer aussi ce regroupement comme le premier parlement du Maghreb central par le message incrusté dans une des faces du minaret.Plusieurs chercheurs sont restés méditatifs devant l'énigme de l'inscription sur le panneau carré de la façade orientale du minaret de cette mosquée du Méchouar : «Al-Youmn wal Iqbâl yâ Thiqatî yâ Amalî ! Anta Erradjâ, Anta al-Walî. Akhtim bi Khaïrin 'amalî» - Le Bonheur et le Succès ” ma Confiance ! ” mon Espérance ! C'est Toi l'Espoir, c'est Toi le Protecteur ! Scelle mes actions par le Bien ! Ce minaret est le seul témoin du Méchouar depuis près de sept siècles de tout un legs que Tlemcen a développé au coeur de l'Occident musulman et de la Méditerranée occidentale. De ce point partaient annuellement les caravanes vers La Mecque ainsi que les caravanes commerciales qui prenaient la direction des ksour de la Saoura et du Touat jusqu'aux abords du fleuve Sénégal. En 2018, l'Algérie pourra célébrer en ces lieux le septième centenaire de l'événement fondateur du Maghreb central et de l'Algérie.Devant ce minaret sont passés tous les rois des Banî Ziyân, les responsables des garnisons turques. L'Emir Abdel-Qâder s'est retiré dans cette mosquée durant tout son séjour à Tlemcen. Abou Tâshfîn 1er (692-737H/1293-1337) élèvera deux autres constructions au Méchouar «Dar es-Sourour» et «Dar Abî-Fihr». Il s'agit de deux édifices célèbres qui ont attiré l'attention des chroniqueurs de l'époque sans que des détails ne nous soient précisés sur leurs activités d'art et de loisir.

«Dar Abî-Fihr» faisait référence au vaste domaine d'Abî-Fihr créé par Al-Muntasir (647-675H/1249-1277 J.-C.) aux environs de sa capitale des Hafsides près du village actuel de l'Ariana. Il comporte des éléments qui faisaient prévoir la mode maghrébine des «agdâl» :

«On y voyait, disait Ibn Khaldoun, une forêt d'arbres, dont une partie servait à garnir des treillages, pendant que le reste croissait en toute liberté. Le citronnier et l'oranger mêlaient leurs branches à celles du cyprès, tandis que plus bas le myrte et le jasmin souriaient au nénuphar. Au milieu de ces bosquets, un grand jardin servait de ceinture à un bassin étendu qu'on eût dit une mer. L'eau y arrivait par l'ancien aqueduc qui jadis alimentait Carthage et que le Hafside Al-Mustansir avait fait réparer.»

Abou Tâshfîn 1er «se plaisait à faire construire des maisons, blanchir des palais, élever des édifices, planter d'arbres les promenades… Il était d'un esprit très ingénieux, bon designer autant qu'habile mouhandess…». «A l'époque d'Abou Tâshfin 1er, l'Etat abdelwâdide a connu l'apogée de son épanouissement. Les arts et métiers se sont développés, les constructions se sont multipliées. Le Maghreb central acquit ainsi une grande avance dans la civilisation. En effet, Abou Tâshfine 1er avait un penchant pour les arts et les constructions et était attiré par les plaisirs et les réjouissances de la vie, ce qui l'a amené à construire et à décorer de nombreux édifices» Il avait réalisé un automate en deux exemplaires : l'un en apparat dans son palais du Méchouar, l'autre en pièce rare dans sa médersa Et-Tachfîniyya qu'il fit élever entre la Grande Mosquée et le Méchouar.

Abou Hammou Moussa II (760-791H/1359-1389) réalisa un second palais «Dar Al-Fath» où il organisa ses célèbres réceptions à l'occasion de la célébration des nuits du Mouloud.

A la fin du règne des Bani Ziyân, un témoin particulier séjourna dans ce palais et, sous le pseudonyme de «Léon l'Africain», il décrira plus tard quelques particularités de ce palais en passant sous silence nombre de détails sur les coutumes et sur l'organisation de ceux qui vivaient dans ce palais. Nous retenons cependant cette description : «Au sud de la ville, le palais royal est entouré de murailles extrêmement hautes, à la manière d'une forteresse, et qui renferment d'autres petits palais avec leurs jardins et leurs fontaines.» Tous sont d'une construction très soignée, avec une excellente architecture. Ce palais royal a deux portes, l'une qui donne sur la campagne vis-à-vis de la montagne ; l'autre à l'intérieur de la ville, où se tient le capitaine de garde.»

Ainsi, durant plus de trois siècles, le Méchouar a servi de matrice au processus de formation de l'entité algérienne dans sa dimension berbéro-arabo-musulmane et dans ses principes d'indépendance et de développement continu.

La nuit du Mouloud était célébrée au Méchouar avec une splendeur et un éclat inaccoutumés dans le monde, avant de devenir une fête populaire dont la tradition s'est transmise de génération en génération à Tlemcen et surtout dans le Touat où émigrèrent les Tlemcéniens lors de la chute des Zyanides au XVIe siècle. Une réception grandiose était donnée la nuit du 11 au 12 de Rabi' Al-Awwal dans un des palais du Méchouar. Une profusion de coussins, de divans et de tapis garnissait l'immense salle d'apparat. Des candélabres se dressaient de proche en proche, pareils à des colonnes dressées sur des socles de cuivre doré. Chaque invité avait sa place fixée. Il y avait aussi bien de braves gens du peuple que des commerçants, des artisans, des étudiants et des notables. Des pages revêtus de tuniques aux couleurs variées circulaient parmi les convives. Tantôt ils promenaient des cassolettes et des encensoirs d'où des fumées d'ambre gris répandaient des nuages dans l'atmosphère et emplissaient les narines des assistants, tantôt ils aspergeaient d'eau de rose de sorte que chacun en eût sa part de plaisir.

Les tables par leur éclat et forme ressemblaient à des lunes. Les plats étaient pris pour des parterres fleuris. Leur vue était un régal pour les yeux et leur parfum un délice pour l'odorat. Après quoi venaient les plus beaux fruits qui puissent se voir, et enfin les gâteaux. Le Roi, assis au milieu de la salle, sur son trône, les jambes croisées, gardait le silence et l'immobilité qui sied à un monarque. Dans l'intervalle des heures, on procédait à la récitation d'abord du poème composé par le Roi. Un héraut, choisi pour la douceur de sa voix, se plaçait sur une estrade vis-à-vis du monarque et récitait ou chantait le poème en faisant sentir la mesure. Puis venaient les poèmes composés par les poètes de la cour et où chacun rivalisait d'éloquence et d'habileté à la gloire du Prophète.

Parmi ceux qui ont déclamé des poèmes mémorables en l'honneur de cette nuit du Mouloud, nous pouvons citer : Sidi Mohammed ben Youcef Al-Quîssî ; Al-Hadj Aby-Abdallah ben Aby-Djam'a et-Talâlissî, le médecin du Palais ; Abou Zakarya Yah'ia Ibn Khaldoun ; Aby-Mohammed 'Abdel Moumen Ibn Moussa Al-Madyounî ; Abou 'Abdallah Mohammed Ibn Ahmed Ibn Ya'lâ ; Aboul-Hassen 'Ali Ibn Al 'Attâr ; Aboul-Quacem Ibnou Maymoun Es-Senouci ; Abou 'Abdallah Mohammed Al-Battîoui ; etc.

Un orchestre où se distinguaient les mesures du karîdj -viole - de Séville exécutait des airs de mélodies andalouses dans les intermèdes. L'objet de curiosité à tous était le coffre de la Magana qui était orné de figures d'argent d'un travail très ingénieux. Sur le plan supérieur de l'appareil, s'élevait un buisson sur lequel était perché un oiseau avec ses deux petits sous les ailes. Un serpent, sortant de son repaire situé au pied de l'arbuste, grimpait lentement vers cet oiseau, pour s'emparer des petits. Sur la partie antérieure, il y avait dix portes, autant que l'on compte d'heures dans la nuit. A chaque heure, une de ces portes tremblait et faisait entendre un frémissement aux deux extrémités latérales où se trouvaient deux autres portes plus hautes et plus larges que les autres. Au-dessus de toutes ces portes et près de la corniche, l'on voyait le globe de la lune qui se mouvait sur une trajectoire et représentait exactement la marche naturelle que cet astre suivait alors dans la sphère céleste pendant cette nuit.

Au commencement de chaque heure, au moment où la porte qui la représentait, se trouvant placée au centre, faisait entendre son frémissement, deux aigles sortaient tout à coup par les deux grandes portes, chacun d'eux tenant à son bec un poids de cuivre, qu'ils laissaient tomber avec eux dans un bassin en cuivre. Ces poids entraient par un trou qui était pratiqué dans le milieu du bassin et roulaient dans l'intérieur de l'horloge.

Alors le serpent, qui, parvenu au haut du buisson, poussait un sifflement aigu et mordait l'un des petits oiseaux, malgré les cris du père. A ce moment, la porte, indiquant l'heure qui se terminait s'ouvrait toute seule, il en sortait une jeune fille, à la taille prise dans une ceinture, aussi gracieuse qu'il se puisse voir. De la main droite, elle présentait un feuillet où le nom de l'heure se lisait à travers une petite pièce écrite en vers ; la main gauche, elle la tenait placée sur sa bouche comme pour saluer.

Cette horloge était l'oeuvre de l'ingénieur en automates de l'époque, le très célèbre Aboul-Hassan Ali ben Ahmad Ibn Al-Fahhâm qui fut le plus savant de son temps dans les sciences mathématiques, féru de géométrie et de mécanique, formé à l'école d'Ibn en-Nejjar et qui avait déjà réalisé aussi l'horloge d'Abou 'Inân à Fez dont on voit encore les vestiges sur les murs qui font face à la médersa Al-Bou'naniyya. Il fut récompensé par les rois de ces pays, qui lui servirent une rente de mille dinars en or, fournie par les gouverneurs des provinces. Ce n'est qu'après avoir présidé à la prière en commun du fadjr dans la mosquée du Méchouar, que le Roi se retirait dans ses appartements.
par Mohammed Baghli - Ingénieur consultant
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MessageSujet: Re: L'Mouloud n'Nbbi...   Lun 14 Fév - 17:46


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MessageSujet: Re: L'Mouloud n'Nbbi...   Lun 14 Fév - 17:50

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MessageSujet: Le Mouloud, des Fatimides aux Zianides    Mar 15 Fév - 11:17

Le Mouloud, des Fatimides aux Zianides
Histoire d’un parcours onirique
Par : Zaïm Khenchelaoui*
Liberté

Il s’agit ici d’une chronographie de la célébration de la nativité du Prophète qui se voudrait la plus étendue dans le temps et la plus transversale dans l’espace. Car au-delà de nos diversités ethnique, linguistique, territoriale et doctrinale, voilà une date sur laquelle nous nous accordons tous à honorer et à exalter. En l’absence de sources sûres à ce sujet, des divergences existent à propos de la date fixant astronomiquement cet événement majeur dans l’histoire de l’humanité.

Cette date solennelle tant annoncée dans l’Ancien et le Nouveau Testament finit par revêtir un aspect populaire et prendre des connotations folkloriques en lien avec les langues et les cultures des nations qui, au fur et à mesure, rejoignaient la communauté de l’Islam. Or, ce rite ancestral semble remonter loin dans le temps. C’est au jour même de la naissance du Prophète qu’il faudrait peut-être le situer. Le Mouloud ne serait de ce fait que la récapitulation du rituel sacrificiel du nouveau-né qui fut fêté par le noble patriarche ‘Abd al-Muttalib en l’honneur de son petit-fils Mohammad (QSSSL). Autrement dit, le Mouloud serait en quelque sorte un rattrapage du temps sacré. Un événement salvateur non commémoré mais vécu ici et maintenant. C’est le temps qui s’arrête ou qui revient au point zéro, c’est-à-dire au commencement et à l’origine de notre destin. C’est donc un moment fort, un instant de vérité et d’identité qui nous interpelle dans notre conscience profonde. Un temps où l’espoir est permis. Il s’agit donc ni plus ni moins que d’une reproduction symbolique de la naissance, non pas en tant qu’événement qui aurait eu lieu dans un temps achevé mais plutôt en tant qu’événement qui vient d’avoir lieu. C’est là tout le mystère de cette fête pas comme les autres. Loin d’être un simple souvenir du passé, le Mouloud revêt le caractère d’un événement présent. Si bien que l’enfant-béni que l’on est en train de célébrer naît chaque année et dans chaque famille. C’est, d’ailleurs, l’interprétation anthropologique que l’on peut donner aux arômes délectables de la tammîna que nos mères et grands-mères se pressent de préparer avec amour et dévotion, le matin du Mouloud en l’honneur de Amina la sainte mère du Prophète comme si celle-ci venait juste de mettre au monde l’enfant-béni. De même que les banquets offerts en réjouissance de cette date qui allait bouleverser le monde. Autres constante joyeuse de cette fête des enfants, créatures si chères au cœur du Prophète. Portant leurs plus beaux costumes, les petits angelots sont flattés ce jour-là et ont droit à la fameuse imposition du henné. Ils porteront des bougies colorées ou des lanternes appropriées pour célébrer la lumière qui jaillit ce jour-là en Arabie, inondant la terre entière. D’ailleurs c’est la signification positive qu’il convient de tirer des feux d’artifices, des pétards, des fumigènes et autres engins pyrotechniques tirés le soir du Mouloud même si, avec l’âge, on a tendance à moins supporter leur tapage nocturne. Sans oublier l’encens, cette prière olfactive qu’on brûle et qu’on fait monter au Ciel comme pour porter nos vœux secrets et nos salutations intimes au Messager d’Allah et se remémorer la condition glorieuse du Modèle, de sa sainteté parfaite et originale. Enfin, il n’y a pas de mal à rappeler que le Mouloudia Club d'Alger en tire son nom car la date de fondation du MC. Alger (le 7 août 1921) correspondait précisément à la fête du Mouloud et c'est pour cela que le club s'appelle Mouloudia. C’est dire l’ampleur de cet événement cosmique et multidimensionnel qui semble embrasser tous les aspects de la vie communautaire tant matériels qu’immatériels.

Les origines de cette fête
La célébration du Mouloud n’est pas mentionnée avant le IIIe siècle de l’Hégire. Or, certains indices historiques laissent penser que cet événement aurait été célébré plus tôt par le clan des Béni Hachem dans le Hedjaz, au Yémen, et en Irak, en Algérie et en Tunisie, et inévitablement au Maroc, événement fêté néanmoins dans l’intimité. La mention la plus vieille du Mouloud comme commémoration publique – néanmoins informelle – semble se trouver dans le récit de voyage d’Ibn Jubayr (540-614) où on peut lire ceci : “Ce lieu béni (maison de la nativité) est ouvert au grand public qui y entre pour en obtenir la bénédiction chaque lundi du 1er mois du printemps, car c'est en ce jour et en ce mois qu'est né le Prophète.” Mais déjà, l'historien du IIIe siècle, Al-Azraqî, mentionne que la maison où le Prophète est né est l'un des nombreux sanctuaires de La Mecque où l’on se donne à la dévotion. La maison avait été auparavant convertie en lieu de recueillement par la mère de Haroun Al-Rachid. Le lieu de naissance du Prophète (aujourd’hui lieu désaffecté) est cité comme un oratoire sacré où l'invocation est exaucée les nuits du lundi. Les historiens du VIIe siècle tels que Abû Al-‘Abbâs Al-‘Azafî rapportent que “les pieux pèlerins et les voyageurs témoignent qu'au jour du Mouloud à La Mecque, aucune activité n'est entreprise : il n'y a ni achat ni vente. Seulement, les fidèles qui s'affairent et s'empressent de visiter le noble lieu de naissance du Prophète. Ce jour-là, la Kaâba est ouverte et visitée.” Quant au célèbre voyageur du VIIIe siècle, Ibn Battûta, il rapporte qu’“après la prière de chaque vendredi, de même que le jour de la naissance du Prophète, la porte de la Kaâba est ouverte par ses gardiens, et que le jour du Mouloud, le qadi ou juge suprême, distribue de la nourriture à tous les habitants de La Mecque.” Des descriptions plus tardives consolident les témoignages de trois autorités du Xe siècle, l'historien Al-Qurashî, Ibn Hajar al-Haythamî et l'historien Nahrawalî. Une description similaire est donnée par Diyârbakrî. Or, l’officialisation du Mouloud eut lieu au Caire, le 8 rabi’ al-awwal de l’an 362,h (973) quelque mois seulement après l’arrivé du calife Al-Mu’izz li Dîn Allah en Égypte le 7 Ramadan 362 (11 juin 972) devancé par ses troupes berbères de Kutâma avant que la date canonique de cette célébration ne soit définitivement fixée au 12. Bien que certains indices laissent accroire que les Fatimides auraient initié cette fête lorsqu’ils étaient déjà en Afrique du Nord du temps de l’imam ‘Ubayd Allah Al-Mahdî, de son fils Al-Qâ’m bi Amr Allah et de son petit-fils Al-Mansour Billal et une partie du règne du calife Al-Mu’izz li Dîn Allah, c’est-à-dire la période qui va de 909 à 972.
Les Fatimides ont ainsi, pour la première fois, institutionnalisé la célébration de la naissance du Prophète, outre celles de sa fille Fatima, de son apôtre Ali et de ses deux petits-fils Hassan et Hussein plus l’anniversaire du calife en fonction, sur ordonnance officielle de l’État juste après le transfert de la cour impériale depuis Ikjane en Petite Kabylie après un passage par la Tunisie. On doit au célèbre chroniqueur natif du Caire, Taqiyy Al-Dîn Al-Maqrîzî (1364-1442) une précieuse description du Mouloud tel qu’il était célébré du temps des Fatimides. Après leur chute survenue en 1170, il y aurait eu une première tentative d’officialisation du Mouloud en Syrie au XIIe siècle. Or, la pratique a été vite arrêtée par les Ayyoubides qui venaient de renverser les Fatimides et faire allégeance au calife de Bagdad. Le Mouloud redevint de nouveau un événement limité à des cercles de famille et à des milieux intellectuels plus ou moins fermés. Le Mouloud n’a retrouvé son statut d'événement officiel de nouveau qu’en 1207, quand il a été réintroduit par le souverain kurde Gökburi, le beau-frère de Saladin et roi d’Erbil, une ville située près de Mossoul, en Irak. Et c’est grâce à un soufi qu’aujourd’hui nous avons le privilège de fêter cette date qui semble, dès l’origine, véhiculer des enjeux politico-religieux. On connaît même le nom de celui qui fut à l’origine de l’introduction du Mouloud à la cour royale d’Erbil : voici ce qu’en dit le grand théologien abû Shâma Al-Maqdisî, cheikh de l’imam Al-Nawawî : “Le premier à l’avoir célébré à Mossoul fut cheikh Omar Ibn Muhammad Al-Molla, l’un des célèbres hommes pieux. C’est son initiative qui fut perpétuée par le roi d’Erbil et d’autres.” Ce grand traditionaliste originaire de Jérusalem affirme ceci : “Parmi les plus belles innovations parues ces derniers temps, il convient de citer les actes de charité et les manifestations de joie et de bonheur qu’on accomplit chaque année en souvenir du jour de la naissance du Prophète, ce qui est en soi une action louable, hormis le fait qu’un tel acte de foi procure un sentiment d’amour et de la révérence à l’égard du Messager d’Allah” Pour sa part, Al-Hafiz Ibn Kathîr décrit la façon dont on célébrait le Mouloud dans la cour du roi d’Erbil, en écrivant : “Celui-ci organisait une grande cérémonie au mois de rabî‘ 'al-awwal à l’occasion de l’anniversaire du Prophète. Il faisait étaler sur une nappe 5 000 moutons rôtis, 10 000 poulets, 100 000 coupes à crèmes, 30 plats de gâteaux (…). Il organisait un concert de musique pour les soufis et dansait avec eux du début de l’après-midi jusqu’à l’aube.” Selon le chroniqueur Ibn Khallikân, “dès le début du mois de Safar, ils se mettaient à donner la plus belle décoration aux dômes. Sous chaque coupole, se tenait un groupe de musiciens. Pendant cette période, les gens chômaient et n’avaient d’autre occupation que de venir regarder les fêtards et tourner autour d’eux (…). Deux jours avant le Mouloud, le roi emmenait un nombre de chameaux, de bœufs et de moutons qui défiait la description et les faisait accompagner de tambours, de chants et d’actes de divertissements, et faisait progresser le cortège jusqu’à la place publique (…). Dans la nuit de la cérémonie, il organisait un concert à la citadelle après la prière du coucher du soleil.”

Tlemcen, première ville du Maghreb à fêter le Mouloud
À peine un siècle après sa réintroduction en Orient, le Mouloud est pour la première fois célébré au Maghreb dans la ville de Tlemcen selon plusieurs auteurs dont cheikh Ahmed Jamâl Al-Dîn Al-Tûnusî d’après son opuscule consacré au Mouloud et publié à la fin du XIXe siècle à Tunis ou plus récemment Yûsuf Al-Nabahânî. Les deux auteurs affirment d’après le témoignage d’al-Maqqarî (XVIe/XVIIe) que le premier monarque berbère à avoir officiellement célébré le Mouloud dans la partie occidentale de l’islam serait le sultan zianide Abou Hammou II (1353-1389). On peut lire dans ce témoignage de précieux passages où l’auteur nous met en présence des fastes inouïs du Mouloud tel qu’il était fêté au Mechouar en présence des autorités civiles et militaires avec l’exhibition de la fameuse l’horloge automate, fleuron de la technologie de l’époque, élaborée par l’ingénieur émérite de Tlemcen Ibn Al-Fahhâm. On remarquera que la célébration officielle du Mouloud en Tunisie est plus tardive comparativement à l’Algérie et remonte à deux siècles puisque c’est seulement au XIXe siècle, c’est-à-dire cinq siècles après Tlemcen et six siècles après Erbil en Irak et neuf siècle après Le Caire.
Au Maroc, cette fête aurait été célébrée pour la première fois en 1292, par le sultan Abû Ya‘qûb Yûsuf Al-Nâsir. Quoiqu’on ne sache pas si elle revêtait le même caractère officiel et solennel. En 1588, le Mouloud s'est répandu à la cour impériale de Murad III, sultan ottoman. Or, ce n’est qu’à partir de 1910, que le Mouloud obtient le statut officiel en tant que fête nationale dans l'ensemble de l'Empire ottoman. Aujourd'hui, le Mouloud est fêté du cap de Bonne-Espérance jusqu'au fleuve de la Volga et de l’Atlantique aux confins de la Chine. Ironie du sort, le seul pays où le Mouloud n'est pas commémoré et sa célébration est quasi interdite, c’est le pays où est né celui dont on célèbre la nativité. Fidèle à la foi wahhabite, le ministère des Affaires religieuses considère cette fête comme étrangère à l'Islam selon la fatwa émise par la Commission permanente pour les recherches académiques et la consultation juridique du royaume d'Arabie Saoudite (vol.3, p.23). Certes, nul n’est prophète en son pays !

Z. K.
* C
hercheur anthropolog
ue

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L'Mouloud n'Nbbi...
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