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 DSK:Biographie : qui est Dominique Strauss-Kahn ?

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Ophelie
Invité



MessageSujet: DSK:Biographie : qui est Dominique Strauss-Kahn ?   Ven 20 Mai - 17:44




Dominique Strauss-Kahn est né le 25 avril 1949 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). Son père, Gilbert Strauss-Kahn est Conseiller juridique et fiscal, sa mère, Jacqueline Fellus, est journaliste et assureur. En 1955, la famille s'installe à Agadir (Maroc) mais elle quitte le pays en 1960 à la suite d'un tremblement de terre. Elle séjourne quelques années à Monaco, où le jeune Dominique rencontre en 1967, en classe de terminale, sa première femme, Hélène Dumas, avant de rejoindre Paris.
Après le Lycée de Monaco et le Lycée Carnot de Paris, Dominique Strauss-Kahn intègre à l'automne 1968 l'École des Hautes Études Commerciales (HEC), puis l'Institut d'Études Politiques (IEP) et l'Institut de Statistiques de l'Université de Paris (ISUP). Il décroche une Licence en droit public ainsi qu'un doctorat et une agrégation en sciences économiques, mais il est recalé au concours d'entrée à l'École Nationale d'Administration (ENA). Sa thèse de doctorat ès sciences économiques, intitulée Économie de la famille et accumulation patrimoniale (Éditions PUF, 1977), est inspirée par les travaux de l'économiste néo-libéral Gary Becker, théoricien du "capital humain". Pour sa thèse complémentaire, il planche sur "Imposition et équité: une approche du bénéfice".
À partir de 1973, il s'occupe d'épargne au Centre de Recherches sur l'Épargne (CREP), dirigé par André Babeau à l'université de Nanterre. De 1977 à 1980, il enseigne l'économie comme Maître de conférences à l'Université de Nancy II tout en occupant parallèlement un poste de Conseiller scientifique auprès de l'Institut National de la Statistique et des Etudes Économiques (INSEE).
En 1981, Dominique Strauss-Kahn prend la direction du Centre d'Études et de Recherches sur l'Épargne (CEREPI) du CNRS. Il y travaille avec Denis Kessler, qui deviendra plus tard l'un des grands patrons des sociétés françaises d'assurance (PDG notamment du groupe d'assurance SCOR), vice-président du MEDEF et, en 2008, Président du très select club de rencontres des élites françaises Le Siècle. Les deux hommes publieront ensemble en 1982 L'épargne et la retraite (Éditions Economica).
Entre-temps, après un court passage au CERES de Jean-Pierre Chevènement et Georges Sarre, Dominique Strauss-Kahn commence à militer au Parti Socialiste où il se lie d'amitié avec Lionel Jospin, futur Premier Secrétaire du parti lorsque François Mitterrand deviendra Président de la République en 1981. En 1982, il intègre le Commissariat général au Plan dont il deviendra successivement Chef du service du financement (1982-84) puis Commissaire général adjoint (1984-86).
En 1983, Dominique Strauss-Kahn entame véritablement sa carrière politique au sein du Parti Socialiste dont il devient Membre du comité directeur. Il donne parallèlement des cours d'Économie à l'Université de Paris X-Nanterre, à HEC, à l'ENA et à l'IEP de Paris. Il noue de nombreux liens amicaux dans le monde des affaires, notamment avec Claude Bébéar, Michel Pébereau, Louis Schweitzer et Yvette Chassagne, présidente de l'UAP. Il quitte Hélène pour épouser Brigitte Guillemette, directrice d'une grande société de communication, qui lui donne une fille, Camille, en 1986, avant de divorcer en 1989.
En 1986, le PS le parachute dans une circonscription de Haute-Savoie mais il est rejeté par les militants locaux. Paris parvient toutefois à l'imposer et il est élu député de Haute-Savoie. Il n'y reste pas longtemps. Deux ans plus tard, en 1988, il se fait élire Député de la 8e circonscription du Val d'Oise (Sarcelles), où vit une importante communauté juive qui elle le soutient activement. De 1988 à 1991 il préside la Commission des finances de l'Assemblée Nationale. En charge des finances du PS, il devient Secrétaire national du parti, chargé des études et du programme (1986-1988), puis de l'économie et des finances (1988-1989).
En 1991, il est nommé Ministre délégué à l'Industrie et au Commerce extérieur auprès du ministre de l'Economie et des Finances dans le gouvernement d'Edith Cresson. La même année il épouse en troisième noces la journaliste de télévision Anne Sinclair-Rosenberg, divorcée du journaliste Ivan Levaï, petite-fille héritière du richissime marchand d'art Paul Rosenberg et animatrice de l'émission politique Sept sur Sept sur TF1. Malgré les deux premiers mariages de DSK avec des non-juives, la cérémonie religieuse est assurée au domicile du couple par le rabbin orthodoxe de Sarcelles.
En 1992, il conserve son portefeuille de ministre délégué dans le nouveau gouvernement de Pierre Bérégovoy mais il le perd l'année suivante, en même temps que son siège de Député, lors des élections législatives. Il s'inscrit alors au Barreau de Paris, crée le Cabinet DSK Consultants et exerce comme avocat d'affaires dans le privé. Il traite de multiples "dossiers confidentiels" qui lui assurent à l'époque de très hauts revenus, selon Vincent Giret et Véronique Le Billon, auteurs des Vies cachées de Dominique Strauss-Kahn.
Michel Rocard, nouveau Premier Secrétaire du Parti Socialiste, lui confie la présidence du "Groupe des Experts du PS". En 1994, entré au "Cercle de l'Industrie" à la demande de Raymond Lévy, alors PDG de Renault, il en devient le vice-président et y cotoie nombre de grands patrons amis de Nicolas Sarkozy comme entre autres Vincent Bolloré et Louis Schweitzer. Installé à Bruxelles, le lobby qu'il dirige a pour mission de défendre les intérêts des grands groupes industriels auprès des instances européennes. C'est le Cercle de l'industrie qui lui paie entre autres petits cadeaux sa secrétaire, son chauffeur et une voiture.
En 1995, Dominique Strauss-Kahn est élu maire de Sarcelles. En 1997, il est réélu Député du Val-d'Oise et devient Ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie dans le gouvernement de Lionel Jospin. Il devient également Conseiller régional d'Ile-de-France aux côtés de Jean-Paul Huchon (fonction qu'il occupera jusqu'en 2001).
Lors de son mandat de Ministre des finances, il mène une politique clairement marquée à droite, voire sarkozyste avant l'heure. Il met en place une vague massive de privatisations d'entreprises publiques -- dont celle de France-Telecom, du Crédit Lyonnais, d'Arcelor, de Thomson, du GAN et d'Aérospatiale -- il s'oppose aux 35 heures, initie la création du COR dont l'objectif est de réviser le système des retraites et abroge la loi Thomas sur la régulation des Fonds de pension.
En 1999, il doit abandonner son fauteuil ministériel après avoir été mis en cause dans plusieurs affaires judiciaires, dont celle sur les emplois fictifs et l'enrichissement personnel des dirigeants de la Mutuelle Nationale des Étudiants de France (MNEF). Un épisode du dossier Elf lié au Cercle de l'Industrie vient s'ajouter à ses déboires judiciaires. Il est aussi accusé d'avoir échangé une cassette vidéo mettant en cause un collecteur de fonds du RPR, Jean Claude Mery, contre une remise de 50 millions de francs de pénalités de fiscales au couturier Karl Lagerfeld, puis d'avoir ensuite menti à la Justice en déclarant qu'il avait "égaré" la cassette. Le Procureur de Paris proposera, en vain, le renvoi de l'ex-ministre des finances devant la Cour de justice de la République.
Avant même son départ de Bercy, de nombreuses grandes entreprises lui proposent du travail. Il reprend son activité d'avocat lobbyiste, devient Président du Comité national pour le passage à l'an 2000 et du Comité d'orientation scientifique de la Fondation Jean-Jaurès, Conseiller spécial de l'OCDE et Directeur de recherche à la Fondation Nationale des Sciences Politiques (FNSP).
Après un non-lieu prononcé en 2001, il se représente à une législative partielle et regagne en 2002 son siège de député de la 8e circonscription du Val-d'Oise. À l'Assemblée Nationale, il est inscrit dans le groupe Socialiste, Radical, Citoyen et Divers gauche (SRC) et participe aux travaux de la Commission des Affaires étrangères. En 2005, il redevient Secrétaire national du PS, chargé des élus, et travaille notamment avec Martine Aubry et Jack Lang au projet socialiste pour les élections présidentielles de 2007. Il préconise pour la France une sorte de nouveau deal négocié avec les travailleurs afin de doper la croissance économique.
Aux côtés de Jean-Christophe Cambadélis, il prend la direction du courant "Socialisme et démocratie", fonde le cercle de réflexion "À gauche en Europe" et défend activement le "Oui" au projet de Traité de Constitution européenne. La même année il crée un blog et annonce officiellement être "candidat à la candidature" pour représenter le PS aux élections présidentielles mais il est largement battu lors des primaires socialistes de 2006. Ségolène Royal, avec plus de 60% des suffrages recueillis contre seulement 20%, lui inflige un échec cuisant.
Après l'élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République, Dominique Strauss-Kahn, qui avoue après coup ne pas adhèrer au programme officiel du PS, appelle les militants socialistes à s'engager résolument vers une voie plus européenne et plus libérale. Dans l'un de ses ouvrages, il exhorte même le PS à abandonner définitivement la défense du prolétariat pour accéder au pouvoir.
En juin 2007, Dominique Strauss-Kahn se représente à l'élection législative dans la huitième circonscription du Val-d'Oise. Sa rivale UMP, l'avocate Sylvie Noachovitch, crée la surprise lors du du premier tour en arrivant en tête avec 37,37% des suffrages. La semaine suivante, le Canard enchaîné et un journaliste de RTL, Nicolas Poincaré, révèlent qu'elle aurait tenu en privé des propos racistes particulièrement nauséabonds. DSK remporte l'élection haut la main lors du second tour (Nicolas Poincaré, poursuivi en justice par Sylvie Noachovitch, sera lui condamné par la Cour d'appel de Paris à verser à cette dernière 1 euro de dédommagement pour avoir rapporté ses propos litigieux sans preuve).
La même année, dans une émission télévisée de Thierry Ardisson, une jeune journaliste, Tristane Banon -- fille d'Anne Mansouret, conseillère générale de l'Eure et vice-présidente PS de la région Haute-Normandie, qui confirme les faits --, raconte avoir été agressée sexuellement par DSK en 2002. Ce dernier lui aurait fait des avances de plus en plus pressantes lors d'un rendez-vous pour un entretien et elle a du lutter pour s'enfuir, affirme-t-elle, le décrivant comme un "chimpanzé en rut". La jeune femme explique n'avoir pas ébruité l'incident à l'époque, par manque de preuves matérielles et par peur des représailles de l'entourage de Dominique Strauss-Kahn. Le nom de ce dernier est bipé lors de la diffusion de l'émission sur la chaîne Paris Première. Quelques mois plus tard, la députée Aurélie Filipetti fait elle aussi l'objet d'une tentative de drague "très lourde, très appuyée", et s'arrangera ensuite pour ne plus se retrouver seule avec DSK.
À la fin de l'année 2007, activement soutenu par Nicolas Sarkozy et Jean-Claude Juncker (Président de l'Eurogroupe), Dominique Strauss-Kahn succède à Rodrigo de Rato à la tête du Fond Monétaire International (FMI), avec un salaire annuel de plus de 315.000 euros.
Nommé pour cinq ans à ce poste, il promet de relégitimer l'institution dont la mission est de prêter de l'argent aux pays pauvres en échange de programmes économico-politiques ultralibéraux. Il prône une accélération de la mondialisation financière et souhaite que le FMI et la Banque mondiale coiffent plus largement les pays en voie de développement. Mais moins d'un an après son arrivée, il fait l'objet d'un scandale comparable à celui qui a abrégé la carriére de Paul Wolfowitz (bras droit de George W. Bush et ancien dirigeant de la Banque Mondiale).
Il est en effet soupçonné d'avoir puisé dans les caisses du FMI pour favoriser son ex-collaboratrice, une certaine Piroska Nagy, devenue sa maitresse. Il ne nie pas cette relation adultère et présente publiquement ses excuses à son épouse et au personnel du FMI mais nie tout abus de pouvoir. Nicolas Sarkozy et de nombreuses personnalités françaises de droite se mobilisent pour le défendre. Quelques jours plus tard, après une enquête expresse, le FMI publie un communiqué qui "innocente" son directeur, tout en soulignant toutefois qu'il a commis des actes "regrettables reflétant une grave erreur de jugement".
Malgré son appartenance au Parti Socialiste, Dominique Strauss-Kahn est incontestablement un homme de droite, néo-conservateur et ultra-libéral. Grand bourgeois proche du patronat et de la Haute Finance, ses propositions, que ce soit en matière de politique sociale, économique ou étrangère, sont très proches de celles de Nicolas Sarkozy.
Dans un entretien croisé avec ce dernier (publié fin 2006 par la revue Le Meilleur des Mondes, organe des néoconservateurs français dirigée par son ami Michel Taubmann), il s'est exprimé sur ces sujets en s'affichant très proche des doctrines sarkozystes, notamment en matière de communautarisation de la vie publique française.
Lors de la crise financière mondiale de 2008, les deux hommes s'expriment de la même façon, préconisant le sauvetage urgent des banques fautives et un contrôle accru des activités financières. Nicolas Sarkozy ne cache pas alors que son "ami de gauche" pourrait entrer au gouvernement s'il le souhaitait, ou participer à son équipe de conseillers aux côtés de l'ultralibéral Alain Minc, proche des deux hommes.
À l'occasion, DSK n'hésite d'ailleurs pas à lui donner quelques coups de main, comme entre autres sur le sujet de l'âge du départ à la retraite, une "réforme" brutale imposée par Nicolas Sarkozy dans la précipitation et sans aucune négociation. En mai 2010, DSK prend notamment ses distances sur le sujet avec le Parti Socialiste en estimant qu'il n'y a "pas de dogme établi" et que puisqu'on "vit cent ans, on ne va pas continuer à avoir la retraite à 60 ans" (Interview sur France 2 du 20/05/2010). Quelques mois plus tard, à l'automne 2010, alors que les syndicats -- soutenus par plus de 70% des Français -- organisent grèves et manifestations, un très opportun rapport du FMI largement exploité par l'Elysée préconise "une hausse de deux ans de l'âge légal de la retraite".
En novembre 2010, reçu à l'Elysée par Nicolas Sarkozy dans le cadre de consultations pour la présidence française du G20, le président du FMI félicite chaleureusement son hôte, jugeant son programme "ambitieux" et "prometteur" et estimant que le rôle du FMI était désormais de de servir de boîte à outils au G20. De son côté, Nicolas Sarkozy déclare dans une intervention à la télévision, qu'il a "beaucoup de considération" pour Dominique Strauss-Kahn et qu'il fait "parfaitement son travail".
Concernant le Proche-Orient, après avoir soutenu la guerre américaine contre l'Irak, Dominique Strauss-Kahn est partisan d'une attaque militaire contre l'Iran. Juif pratiquant et communautariste, militant sioniste et fervent lobbyiste pro-israélien -- autres points de convergence avec Nicolas Sarkozy -- il défend systématiquement les crimes commis par Israël dans les conflits du Proche-Orient.
Entretenant des relations plus qu'étroites avec le régime d'apartheid israélien, il remplace même en janvier 2011 le chef de l'Etat juif (Moshe Katsav, inculpé de viol) pour prononcer le discours d'ouverture de la Xe conférence d'Herzlia sur la sécurité d'Israël, aux côtés du général Danny Rothschild et du Premier ministre Benjamin Netanyahou.
Lors d'un entretien au mensuel Passages en 1991, il n'hésite pas à déclarer: "Je considère que tout Juif dans la diaspora, et donc en France, doit partout où il le peut apporter son aide à Israël. C'est pour ça d'ailleurs qu'il est important que les Juifs prennent des responsabilités politiques [...] car, on ne peut pas à la fois se plaindre qu'un pays comme la France, par exemple, ait dans le passé et peut-être encore aujourd'hui, une politique par trop pro-arabe et ne pas essayer de l'infléchir par des individus qui pensent différemment en leur permettant de prendre le plus grand nombre de responsabilités. En somme, dans mes fonctions et dans ma vie de tous les jours, au travers de l'ensemble de mes actions, j'essaie de faire en sorte que ma modeste pierre soit apportée à la construction de la terre d'Israël".
Sans se déclarer officiellement candidat, Dominique Strauss-Kahn, même tenu par le devoir de réserve de sa fonction dont le mandat court jusqu'à l'automne 2012, ne cache pas qu'il souhaite se présenter à l'élection présidentielle d'avril 2012. À cet effet, son équipe de communication issue de Euro RSCG (entre autres Stéphane Fouks, Ramzy Khiroun et Gilles Finchelstein) crée régulièrement le buzz dans les médias nationaux afin de préparer l'opinion française à sa candidature.
Au printemps 2010, une impressionante couverture médiatique est ainsi consacrée au patron du FMI et d'innombrables vrai-faux sondages aux questions truquées le présentent artificiellement comme le candidat de gauche favori des Français, loin devant Martine Aubry et Ségolène Royal. L'establishment politico-médiatico-économique présente l'ultralibéral Dominique Strauss-Kahn comme le plus "crédible" des représentants de "la gauche social-démocrate", le seul "socialiste" réellement capable de remplacer Nicolas Sarkozy à l'Elysée en 2012. Deux quotidiens jadis "de référence", Le Monde et Libération, se révèlent être les meilleurs fans du futur candidat, le second allant même jusqu'à diaboliser son adversaire du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, présenté à la Une du 26 janvier 2011 comme "l'homme qui veut faire perdre DSK".
Deux livres sortent également en librairie dès le printemps 2010, DSK-Sarkozy, le duel d'Alexandre Kara et Philippe Martinat (Éditions Max Milo), et surtout un pseudo-livre critique avec vrai-faux procès à la clé, DSK, Les secrets d'un présidentiable (Éditions Plon), signé du pseudonyme de Cassandre mais à l'évidence concocté par son entourage. Pour lui donner de la stature et créer l'effervescence autour de sa personne, pas moins de cinq autres essais biographiques et un documentaire de Nicolas Escoulan pour Canal+ sont en outre programmés pour alimenter le discours médiatique au cours de l'année 2011.
La première de ces hagiographies téléguidées, DSK au FMI, enquête sur une renaissance, de Stéphanie Antoine (Éditions du Seuil), est sortie en librairie à la mi-février 2011. Au moment même où le directeur du FMI effectue un passage très médiatique à Paris dans la cadre d'une rencontre avec les ministres des Finances des pays du G20. La droite, avec une polémique artificielle, et son épouse Anne Sinclair, en déclarant qu'elle ne "souhaite pas qu'il fasse un second mandat" au FMI, se joignent aux efforts de son équipe de communication. Le roman vrai de Dominique Strauss-Kahn, un éloge panégyrique complaisamment rédigé par son ami néocon Michel Taubmann (Éditions du Moment), a suivi début mai. Puis viendront bientôt Un inconnu nommé DSK du journaliste sarkozyste Claude Askolovitch (Éditions Grasset), et DSK l'anti-candidat de l'ancien journaliste sportif Jean-Pierre Gonguet (Éditions Hugo & Cie).
À la même période, un pacte -- non-officiel mais bel et bien réel selon tous les observateurs de la vie politique -- est conclu avec Martine Aubry et Laurent Fabius pour qu'il reste au final seul candidat à l'investiture socialiste pour la présidentielle de 2012.
Malgré cette vaste opération de propagande continue visant à entretenir le suspense, la cote de popularité de Dominique Strauss-Kahn s'effrite régulièrement dans l'opinion. À la mi-février 2011, un sondage Ipsos pour Le Point le classe ainsi à la sixième place chez les sympathisants socialistes, loin derrière Martine Aubry et François Hollande.
En réalité, s'il jouit d'une certaine popularité au sein de la communauté juive, de la gauche caviar sarko-compatible, des médias, de la droite et de la "France d'en haut" -- celle de la bourgeoisie opulente, de la haute finance et des élites de la "mondialisation heureuse" -- Dominique Strauss-Kahn semble loin de faire l'unanimité dans les milieux populaires. Dans son propre camp tout semble au contraire montrer qu'il risque un sérieux échec s'il se présente aux primaires socialistes. Le peuple de gauche ne se voit pas vraiment porter à l'Elysée ce frère siamois de Nicolas Sarkozy, partisan assumé de la globalisation néolibérale, candidat des marchés, ami des banquiers et patron d'un FMI ultra-capitaliste dont les plans d'austérité, imposés par la force à de nombreux pays de la planète (cf le plan de rigueur grec), entraînent partout la suppression des acquis sociaux et un surcroît de misère.
DSK, patron de ce FMI honni par les peuples, n'hésite d'ailleurs pas à en rajouter dans la provocation, nommant par exemple en octobre 2010 l'économiste portugais Antonio Borges à la tête de son département Europe, en dépit du fait que ce dernier était l'un des responsables de la banque d'affaires Goldman Sachs, en partie responsable de la crise financière mondiale de 2008. En mars 2011, la presse révèle également que, un semaine après le début des émeutes en Lybie, il finalisait encore lui-même un rapport du FMI se réjouissant de la politique économique menée par le Colonel Kadhafi (qu'il a rencontré en personne en 2008), lui conseillant seulement de "privatiser plus vite les banques et le marché local des capitaux".
Début mai 2011, à la suite d'une photo le montrant circulant à Paris dans la luxueuse Porsche (modèle Panamera S Hybride) de son conseiller (en communication !) Ramzi Khiroun pour chercher un local de campagne, la presse a épinglé son train de vie très "bling-bling": maison de 380 m2 avec vue sur le fleuve Potomac à Washington, appartements parisiens de 240 m2 Place des Vosges et de six pièces sur une avenue huppée du XVIe arrondissement, somptueux riad à Marrakech (à deux pas du palais de son grand ami Bernard-Henri Lévy), collections d'oeuvres d'art, lourds bijoux portés avec ostentation par sa femme, costumes sur mesure de 5.000 à 25.000 euros pièce,...
Le 10 mai, Dominique Strauss-Kahn est honoré du "Prix Gérard du Queutard", distinction décernée par les Gérard de la politique ("ce qui se fait de pire en politique"), en raison de sa réputation d'obsédé sexuel.
Le 14 mai 2011, il est arrêté à l'aéroport JFK de New York et inculpé "d'agression sexuelle, de séquestration de personne et de tentative de viol" par la justice américaine à la suite d'une plainte déposée par une femme de chambre de l'hôtel Sofitel de Manhattan, Nafissatou Diallo, jeune guinéenne de 32 ans installée depuis treize ans aux Etats-Unis, mère d'une fille de 15 ans et menant une vie apparemment sans histoires. Selon les déclarations de cette dernière, elle serait entrée dans sa chambre pour la nettoyer, quand celui-ci "serait sorti complètement nu de la salle de bain et aurait tenté de l'agresser sexuellement". Parvenant à s'échapper, sans connaître l'identité de son assaillant, elle a immédiatement prévenu la direction de l'hôtel qui a appelé la police. Le président du FMI aurait alors quitté les lieux pour se rendre à l'aéroport. Il a été arrêté par la police 10 mn avant le départ d'un vol en direction de Paris.
Présenté le 16 mai devant un tribunal, après 30 heures d'interrogatoire dans un commissariat de Harlem, ses avocats plaident "Non coupable" et demandent sa remise en liberté conditionnelle. Suivant l'avis du parquet de New York, la juge Melissa Jackson refuse de le relâcher en raison d'un rapport de police accablant contre lui, et surtout en raison du risque de fuite hors des Etats-Unis. Il est incarcéré à la prison new-yorkaise de Rikers Island où il bénéficie d'une cellule individuelle et d'un régime privilégié. Ses avocats réitèrent leur demande de libération conditionnelle devant le juge Michael Obus, de la Cour suprême de New York, lors d'une nouvelle audience qui a lieu le 19 mai. DSK est ce jour là formellement inculpé par un grand jury qui estime que les preuves qui lui sont présentées par l'accusation sont suffisantes pour ouvrir un procès, mais il est libéré contre une caution d'un million de dollars cash et un dépot de garantie de 5 millions de dollars (une hypothèque sur sa très belle maison de Washington qui sera donc saisie s'il s'enfuit). En attendant son procès, il reste assigné à résidence à New York dans un appartement loué par son épouse Anne Sinclair. Il est sous la surveillance permanente de caméras vidéo et de gardes armés et doit porter un bracelet électronique 24H/24. Il doit de nouveau comparaître le 6 juin prochain pour se voir signifier les chefs d'inculpation qui pèsent contre lui.
Sous le coup de sept chefs d'accusation -- dont celui d'"Acte sexuel criminel au premier degré", c'est-à-dire de viol en ayant recours à la force --, Dominique Strauss-Kahn risque jusqu'à soixante-quatorze ans de prison en peines cumulées s'il est jugé coupable. L'affaire met un terme à sa carrière au FMI et à ses ambitions présidentielles en France. Elle a également des répercussions dans l'opinion publique française sur le Parti Socialiste et sur la classe politico-médiatique en général qui choisit aussi mal ses élites.
Père de quatre enfants (Vanessa, Marine, Laurin, issus de son mariage avec Hélène Dumas, et Camille, issue de son mariage avec Brigitte Guillemette), Dominique Strauss-Kahn est passionné par les nouvelles technologies de l'information et pratique volontiers le ski et les échecs. Il est l'auteur de La richesse des Français (1977), Economie de la famille et accumulation patrimoniale (1977), L'épargne et la retraite (1982), La Flamme et la Cendre (2002), Oui ! Lettre ouverte aux enfants d'Europe (2004) et 365 jours, journal contre le renoncement (2006).
Hortense Paillard / La République des Lettres

Une chose est sure une grande partie de français en 2012 ne voteront pas Sarko.
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Ophelie
Invité



MessageSujet: de la salle de bain a la salle d'audience...   Ven 20 Mai - 17:59


ET UN BRACELET LES MECS!
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