Thamurth Ith Yaala

Forum, discussion, échanges, avis des Yaalaouis.
 
AccueilGalerieFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 lettre de détresse d'une amie enseignante

Aller en bas 
AuteurMessage
enseignante
Confirmé
Confirmé


Féminin
Nombre de messages : 53
Age : 50
Localisation : algerie
Emploi/loisirs : enseignement- poésie-randonnées-bénévolat
Humeur : parfois
Date d'inscription : 05/02/2012

MessageSujet: lettre de détresse d'une amie enseignante   Ven 10 Fév - 18:32

C'est un cri de détresse que j'envoie sur ce forum. VOilà j'ai 36 ans. Après avoir travaillé en entreprise comme assistante commerciale, et être allée de CDD en intérims divers sans trouver de stabilité, j'ai décidé au terme d'un CDD de 18 mois de profiter de mes droits à l'Assedic pour me reconvertir professionnellement. J'ai alors commencé à préparer le concours de prof des écoles avec le CNED en octobre 2004; j'étais très motivée par ce nouveau départ qui allais, je le pensais alors, donner un nouveau sens à ma vie (plaisir de travailler avec les enfants, de transmettre quelque chose..). J'ai passé le concours en mai 2005 que j'ai raté, à mon grand désespoir, d'un point (je me suis alors retrouvée sur la liste complémentaire dans l'attente d'un remplacement éventuel). En septembre 2005, je me suis inscrite en 1ère année d'IUFM pour repréparer le concours. J'avais alors encore des droits à l'ASSEDIC, ce qui me permettait de suivre cette préparation au concours. En février 2006, l'Inspection Académique m'a contactée : il y avait un poste vacant à 100 km de chez moi, à prendre dès le lendemain matin (!). Si je n'acceptais pas de suite je perdais immmédiatement le bénéfice de la liste complémentaire et devais repasser le concours au mois de mai (car je précise que lorsqu'on est recruté sur la liste co ça valide l'obtention du concours, on n'a donc plus à le repasser).
J'ai donc accepté et là l'horreur a démarré : j'ai été envoyéé en remplacements dans des classes difficiles, souvent situées en ZEP, parachutée sans aucune formation, sans aucune préparation psychologique. J'ai du affronter les insultes des élèves, les railleries, j'ai eu à faire face à des élèves insolents, mal élevés, ne voulant pas travailler et dont je ne venais absolument pas à bout!
Mon moral a commencé à chuté. J'ai décidé alors de solliciter l'Inspecteur de circonscription pour qu'il m'envoie en formation accompagnée dans une classe. IL m'a convoquée; il était très suffisant et arrogant et m'a dit clairement qu'il n'était pas question que j'aie une formation car ils avaient besoin de remplaçants et que je devais m'estimer heureuse d'avoir été recrutée et que d'autres aimeraient être à ma place ! Je me suis défendue, j'étais fatiguée, à bouts de nerfs et pas prête à me "laisser faire" sans réagir !Furieux que je lui tienne tête, cet inspecteur a décrété qu'il ne me "lâcherait pas" jusque la fin de l'année et que je l'aurais sur le dos sans arrêt (pour reprendre ses termes(. En effet, il m'a envoyé régulièrement une conseillère pédagogique qui au lieu de m'aider et me soutenir n'a fait que me démollir et rédiger des bulletins de visites très négatifs. Mon moral en a encore pris un coup; je pleurais tous les soirs, si bien que mon médecin m'a mise en arrêt maladie pendant 5 semaines. Je me suis dit que ça irait mieux dès septembre car je serais à l'IUFM en 2 ème année, que j'aurais alors une vraie formation, un véritable soutien et un encadrement.
J'ai donc tenu cahin-caha jusqu'en juin, alternant les arrêts maladie et les préiodes de reprise.
Depuis septembre je suis donc à l'IUFM en tant que professeur des écoles stagiaires (PE2). Je suis en stage chaque jeudi dans un CM1 situé en zone sensible. J'ai 26 gamins très éprouvants qui m'usent. je ne parviens ni à gérer la classe ni à travailler avec eux; ils ne savent faire que s'échanger insultes, menaces et projectiles divers pour résumer la situation. Depuis le début de l'année scolaire je continue à être très découragée, dégoutée de l'enseignement. On m'envoie des inspecteurs qui me critiquent, rédigent des rapports peu élogieux. J'ai perdu confiance en moi. J'ai été convoquée par le Directeur de l'IUFM en personne qui m'a dit qu'au vu de ce qu'il entendait de moi sur le terrain, il viendrait me visiter lui-même sur mon lieu de stage en cycle 1 (maternelle) qui avait lieu pendant 3 semaines d'affilée avant les vacances de février. effectivement il est venu mardi dernier. J'avais été affectée dans une classe de tout-petits. J'étais contente de moi, j'avais bien travaillé ma séance jusque tard le soir. Il est arrivé en retard, après le démarrage des rituels, puis pendant l'inspection, il n'a fait qu'entrer et sortir de la classe. Mes ateliers n'ont pas très très bien tourné; j'étais stressée et déstabilisée par des alleés-venues successives. Et ils faut dire que gérer 27 petits de 2-3 ans qui ne se concentrent pas très longtemps n'ai pas chose aisée non plus. A un moment quelques petits qui en, avaient "marre" se sont levés pour aller jouer et j'ai continué à m'occuper de mon atelier dirigé. Il ya alors eu quelques débordements : une petite très remuante a mis une claque à une autre qui s'est mise à pleurer (ce qui arrive très fréquemment en classe de petits). ça s'est passé dans mon dos. Lors de l'entretien, il m'a dit que ça avait été catastrophique et il a estimé purement et simplement, que je ne pouvais pas garder ma classe car je mettais les enfants en danger (sic)!!! Il m'a donc sorti de la classe comme une malpropre. Quelle humiliation devant les autres collègues et stagiaires ! J'ai pleuré toute l'après-midi dans l'école car il m'avait dit que je devais néanmoins finir la journée mais avec interdiction de reprendre les petits !

Enfin, voilà ma situation.. J'ai appelé quelqu'un de l'IUFM qui s'occupe des stagiaires auprès de laquelle je n'ai pas trouvé le moindre soutien (elle m'a juste dit qu'effectivement à ce stade, il fallait peut-être que j'envisage de changer de métier!);le syndicat ne peut pas faire grand chose. je me sens nulle, larguée. Je n'ai pas envie de retourner à l'IUFM après les vacances et d'affronter les collègues stagiaires (qui bien entendu finiront par être au courant que je me suis fait sortir de ma classe), ni l'administration de l'IUFM. Je me sens prise au piège. ça fait 2 ans et demi maintenant que j'investis du temps, de l'énergie et aussi de l'argent dans cette reconversion professionnelle totalement ratée. J'ai perdu toute confiance en moi. Je ne vois pas comment je pourrais retourner à l'IUFM dans ces conditions (de toutes façons, je n'ai plus aucune chance d'être validée en juin). Mais que faire ? je ne peux pas démissionner comme ça. J'ai un loyer, des charges, je suis toute seule...En plus, je me suis totalement coupée de l'entreprise, et je me vois mal me "revendre" sur le marché du travail maintenant, en ayant en plus perdu toute confiance !

Si quelqu'un a vécu cette situation, a réussi a trouver des solutions ou a des conseils à me donner tout simplement, je suis preneuse !!!!fati help me.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
lettre de détresse d'une amie enseignante
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» lettre de détresse d'une amie enseignante
» cha_dc : Petite amie d'un détenue condamné.
» maeva3108 : petite amie de détenu
» Bee: Petite amie d'un détenu
» lettre de demission de main a main ou par recommander????

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Thamurth Ith Yaala :: Discussions Generales :: Débats et idées-
Sauter vers: