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 Le FFS décide de participer aux élections législatives prochaines: « Notre but est dans la remobilisation politique et pacifique de notre parti et de notre peuple »

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MessageSujet: Le FFS décide de participer aux élections législatives prochaines: « Notre but est dans la remobilisation politique et pacifique de notre parti et de notre peuple »   Sam 3 Mar - 12:35


Message de Hocine Aït Ahmed au Conseil national du FFS
Alger, le 2 mars 2012

« Les guerres peuvent être menées avec des armes mais elles sont gagnées par des hommes. C’est l’esprit des hommes, de ceux qui suivent et celui de ceux qui précédent, qui remporte la victoire. » Georges S. Patton.

Chers amis, Salam Alaykoum,
Mon opinion concernant cette élection est faite depuis un certain temps. J’ai pourtant tenu à prendre la température au sein du parti et à m’imprégner des délibérations des militants avant de me prononcer.
Je tiens d’abord à rendre un hommage particulier aux militants de base dont l’engagement sans failles s’accomplit depuis des années dans la plus rude des conjonctures politiques.
Je tiens également à remercier la direction – non moins militante- du parti pour les efforts consentis sur le chemin de la reconstruction –sans cesse recommencée- du lien politique à l’intérieur de l’appareil du parti, au sein du parti, avec nos partenaires dans la société et avec la population.
J’ai suivi et lu attentivement vos débats, vos remarques, vos inquiétudes et vos attentes. Je m’en suis trouvé conforté dans mes convictions et dans ma décision.
Depuis un an, depuis l’éclosion des révoltes populaires dans le monde arabe, on ne cesse de nous poser la question : Pourquoi l’Algérie ne fait pas comme les autres pays de la région ?
Notre réponse a toujours été très claire : Il existe une voie algérienne vers la libération de la dictature comme il a existé une voie algérienne pour la libération du colonialisme.
Et si la voie pacifique a échoué à libérer l’Algérie de la colonisation française pour laisser la place à la lutte armée, la voie de la violence a échoué à libérer l’Algérie de la dictature, du sous-développement et des menaces extérieures et doit laisser place à la lutte politique au sens le plus sérieux du terme.
C’est d’abord la voie de la violence du régime qui a échoué. La violence de la prise du pouvoir par la force. La violence de la répression des libertés, la violence de la dépossession du peuple algérien de son droit à l’auto-organisation, la violence de l’exclusion politique et donc économique et culturelle.
Puis est venue la violence de la sale guerre avec son lot de haines, de brutalités inouïes, de révisionnismes intolérables qui ont réhabilité les conduites méprisantes et les discours néo-colonialistes les plus scandaleux.
Derrière la guerre au terrorisme et derrière l’alibi du néo-libéralisme économique, le pays a été renvoyé plusieurs siècles en arrière. Et je n’exagère rien.
Les dernières intempéries sont venues démontrer à quel point déposséder une population du droit à s’organiser autour de ses propres conditions de vie et de travail conduit à la catastrophe.
Et si les classements déshonorants de notre pays dans tous les domaines par les institutions internationales laissent nos dirigeants de marbre, ils sont douloureusement ressentis par notre peuple et nos cadres qui à chaque fois que l’occasion leur en a été donnée ont su montrer de quel génie nous sommes capables.
Oui, les intempéries ont mis à nu une rhétorique creuse et des chiffres ronflants de dépenses destinées à finir dans les poches de la corruption qui gangrène le pays.
Ce n’est pas seulement le pouvoir central qui se désintéresse de ce qui se passe dans les régions, c’est le pouvoir local lui-même qui se retrouve totalement démuni par ce que tout a été fait pour le réduire d’abord en contrôle (et donc en soutien) populaire ensuite en moyens et en prérogatives.
Il y a des régions d’Algérie qui sont aujourd’hui passées sous le contrôle quasi-total des mafias, des régions où la notion d’état n’existe presque plus. Des potentats locaux et des seigneurs de guerre font régner leur propre loi en s’appuyant sur leurs hommes de mains. Certains rêvent peut-être de cela en Kabylie.
Certains voient dans cette déliquescence la forme idéale d’autonomie pour nos sociétés en sous-développement accéléré. La voie de l’écrasement de l’encadrement politique de la population sous la puissance de l’argent sale, de la violence et de la manipulation des foules.
L’autre voie violente qui a échoué et a activement participé à la régression du pays est celle de l’intégrisme.
L’intégrisme islamiste et l’intégrisme anti-islamiste ont combattu le pluralisme irréductible de notre société. Ils ont – tous deux – contribué à aggraver les dégâts préalablement occasionnés par l’autoritarisme et l’intolérance du parti unique. Les deux ont également servi de base de manipulation des passions et des personnes par la police politique du régime.
Et c’est une violence supplémentaire que de réduire l’importance de toutes ces violences cumulées dans l’état de délabrement actuel du pays.
Demander aux algériens d’aller voter pour sauver le pays des périls sans rien changer de sa démarche est une des inconséquences habituelles de ce pouvoir. Car, avant toute autre, c’est sa démarche qui est en cause.
On vient nous dire aujourd’hui que le pays est en danger, qu’il traverse un moment « sensible » et autres discours qu’aucune vision politique ne porte et que n’incarne aucun programme sérieux de sortie de crise. On ne nous apprend rien.
Cela fait des décennies que nous vous disons que votre démarche conduit le pays à sa perte !
Et vous venez maintenant nous dire que le pays est en danger ! Tout en persistant dans votre vision biaisée et unilatérale et en manoeuvrant en sous-main vos réseaux pour qu’ils entravent notre travail de construction politique et pacifique de notre société !
Notre démarche, depuis le congrès de la Soummam, se distingue de la votre par l’option stratégique de la primauté que nous accordons à la construction du politique.
La primauté du politique parce qu’elle signifie l’engagement conscient et actif du peuple. Parce qu’elle signifie l’organisation de la société autour de la défense de ses intérêts. La primauté du politique parce qu’elle signifie la concertation la plus large possible, et le rassemblement conscient des volontés non l’abdication ou l’exacerbation des passions.
La primauté du politique parce qu’elle exclue le recours à la violence entre algériens dans la conduite de leurs affaires et dans la gestion de leurs différends. La primauté du politique parce qu’elle met en présence des citoyens égaux en droits et en devoirs et non des maitres et des esclaves.
La primauté du politique parce qu’elle se construit sur des pouvoirs et des contre-pouvoirs. Et par ce qu’elle organise les rapports entre les deux.
La primauté du politique enfin parce que les partis et les militants qui se distinguent par une ligne politique véritable savent détecter la vérité du mensonge et peuvent apprendre de leurs propres faiblesses les moyens de reconstruire leurs forces.
C’est à cause de cette primauté que nous accordons au politique que le sens de notre action s’est toujours distingué de celle du régime.
Notre conception de la démocratie n’est pas la même que la leur : Nous la concevons comme une organisation légale des droits et libertés de notre peuple portée et défendue par des institutions ancrées dans la société et qui incarnent des pouvoirs et des contre-pouvoirs clairement définis.
Notre conception de la participation électorale n’est pas la même que la leur : Nous nous investissons dans la mobilisation des citoyens en vue d’une finalité politique collective alors qu’ils s’investissent dans la promotion des clientèles en vue d’un intérêt privé.
Notre conception du contrat politique n’est pas la même que la leur. Nous avons débattu avec des partenaires politiques à Rome en 1995 et nous avons publiquement proposé au pouvoir une plate-forme de sortie de crise en 14 points. En toute transparence. Pour la gestion des différends au sein de la société et entre la société et le pouvoir.
Ils ont été discuté dans des maquis, ou ailleurs, et nous ont insinué, par des fuites organisées dans la presse, qu’ils avaient conclu un accord avec des groupes armés. Un accord dont personne ne sait toujours rien !
Notre réconciliation n’est pas la même que la leur. Ils l’ont décrétée au travers d’une charte qui interdit aux algériens de porter devant la justice des crimes qui relèvent de cette sombre page de notre histoire. Au mépris de toutes les souffrances occasionnées à ce peuple. Au mépris de toutes ces victimes, les morts, les disparus, les blessés, les traumatisés, les exilés, les déplacés… Ils ont interdit aux algériens de faire face à ce qui leur a été imposé et de s’en saisir pacifiquement en s’appuyant sur leur sens moral pour dépasser ce sombre épisode.
Nous avons toujours défendu le principe d’une réconciliation qui s’appuie sur la vérité et la justice comme préalable et comme garantie contre l’impunité autant que contre les ingérences.
La liste est longue qui illustre la permanence de nos positions respectives. Celle du pouvoir basée sur la manœuvre à courte vue et la notre basée sur la conviction que seule la mobilisation politique et pacifique de notre peuple peut mettre le développement, la justice et la démocratie à portée de notre société et notre pays à l’abri des ingérences extérieures.
Pour toutes ces raisons notre cheminement va continuer à diverger avec celui du pouvoir dans ses deux déclinaisons : celle qui s’exprime à l’intérieur du cadre institutionnel et celle qui attaque ce cadre sitôt qu’elle en est exclue.

Chers amis,
Je considère que la participation à ces élections est une nécessité tactique pour le FFS qui s’inscrit en droite ligne de notre stratégie de construction pacifique de l’alternative démocratique à ce régime despotique, destructeur et corrompu.
Je sais, nombre d’entre vous craignent la puissante attractivité de la mangeoire du régime.
Ceux-là, je les comprends, je partage leur souci et je les rassure : nous pouvons, nous devons et nous allons, nous donner les moyens du contrôle de notre participation. Cette participation a tiré les enseignements de nos lacunes de 1997 et nous allons tout mettre en œuvre pour les combler.
D’abord par ce que notre but ne réside pas dans un quota de sièges à atteindre. Notre but est dans la remobilisation politique et pacifique de notre parti et de notre peuple. C’est là l’essentiel de notre décision. Remettre du mouvement dans le Statu quo.
Le pouvoir a conduit le pays dans une impasse. Une triple impasse : celle du pouvoir, celle du pays et celle de la Kabylie.
Le démantèlement du politique partout dans le pays a particulièrement ciblé la Kabylie par ce qu’elle a pendant des décennies constitué le réservoir de mobilisation démocratique et de contestation politique du pays.
Ces vingt dernières années ont constitué une régression phénoménale dans tous les domaines à l’échelle nationale. Le renforcement du régime s’est fait dans le sillage du démantèlement de structures de l’état partout à travers le pays. En Kabylie, c’est également au démantèlement d’une organisation et d’un engagement politique de la population qu’il a été procédé. Car ces derniers s’étaient maintenus dans la région contre vents et marées. Je vous ai longuement décrit ce processus machiavélique dans ma note sur les arouchs.

Chers amis,
Aujourd’hui, plus que jamais, c’est sur chaque militant et chaque militante que nous devons nous appuyer pour gagner la bataille de la remobilisation politique.
C’est en toute sérénité que le parti doit aborder cette étape de son parcours, et dans le respect de tous ceux qui, hors du parti, défendront de manière respectable d’autres visions que la notre, mais il est exclu que quiconque nous donne des leçons en politique, en démocratie, en militantisme, en patriotisme ou en Takbaylit.
Nous n’avons aucune leçon à recevoir ni de ceux qui veulent nous apprendre comment défendre notre parcours- qu’ils n’ont pas- ni de ceux pour qui l’engagement ne fût qu’une alternance de trahisons. Trahir une cause puis une autre avec l’irresponsabilité politique, l’outrance verbale et le mensonge comme seules constantes.
Nous avons appris, dans la pratique des êtres, à identifier et choisir ceux qui nous agréent comme camarades, comme frères et comme amis et ceux qui ne nous agréent à aucun de ces titres mais que nous supportons car ils sont, malgré tout, des compatriotes.

Chers amis,
Une fois la décision du conseil national prise et rendue publique nous allons nous concerter et dégager ensemble la stratégie et les moyens à mettre en œuvre pour les étapes suivantes.
Je vous transmets mes salutations militantes.

Hocine Aït Ahmed

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MessageSujet: Re: Le FFS décide de participer aux élections législatives prochaines: « Notre but est dans la remobilisation politique et pacifique de notre parti et de notre peuple »   Sam 3 Mar - 17:22


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MessageSujet: Re: Le FFS décide de participer aux élections législatives prochaines: « Notre but est dans la remobilisation politique et pacifique de notre parti et de notre peuple »   Lun 5 Mar - 17:21


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MessageSujet: Re: Le FFS décide de participer aux élections législatives prochaines: « Notre but est dans la remobilisation politique et pacifique de notre parti et de notre peuple »   Mer 7 Mar - 10:46

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MessageSujet: ELECTION DU 10 MAI The day after...   Mer 7 Mar - 12:56


Ces élections déboucheront-elles sur une vision claire de l'avenir?


A 70 jours d'une échéance électorale majeure, les acteurs du microcosme politique qui plane sur une autre planète que le peuple, sont préoccupés pour certains, soit par leur survie, soit par la gestion de leur victoire qu'ils annoncent haut et fort, la présentant comme inéluctable.
De ce fait, tout ce beau monde s'agite d'une façon frénétique dans tous les sens, l'essentiel est de faire une bonne moisson maintenant que l'on nous a promis des élections propres et honnêtes quelque vingt ans après celles qui nous ont valu des milliers de morts et le chaos en héritage. L'unanimisme de tous les partis politiques est total quant au fait que la rente règlera tout et tout le temps Que se passera-t-il le jour d'après? Avons-nous fait le bilan de ces vingt ans d'errance et sommes-nous vaccinés contre le chaos destructeur? Ces élections promises déboucheront-elles sur une vision claire de l'avenir avec au préalable, sur les invariants et les consensus qui transcendent les partis? Et ces dizaines de partis, comme en 1992, ont-ils un programme capable de donner enfin un cap à cette jeunesse dont on dit qu'elle ne croit plus à rien! Dangereuse certitude qui tendrait à comprendre qu'elle croit à tout et, ce faisant, elle pourrait renouer avec la division et la haine qui ont amené l'Algérie au bord du gouffre.

Qu'avons-nous fait depuis 1992?
Chacun sait que l'Algérie a payé le prix fort qui a été, de mon point de vue, le paroxysme de l'antagonisme entre deux projets de société: celui du retour aux sources - arrimé à la sphère moyen-orientale - d'une façon totale sans discernement et sans prise en compte de la réalité du monde. Le deuxième courant, traité de mécréant, donnait l'impression de s'arrimer à une sphère occidentale qui n'est pas celle de nos «valeurs» et qui est de plus, par une extension savamment entretenue, celle du pouvoir colonial honni. Résultat des courses, la guerre de tranchées qui a commencé en 1962 entre les arabisants et les francisants a eu du grain à moudre par l'apport de deux facteurs. D'une part, l'émergence de l'Islam qui était invisible tant que l'empire soviétique tenait debout et qui fut désigné comme «le nouveau Satan de rechange» quand l'empire soviétique fut défait après la chute du mur de Berlin.
Le deuxième aspect, qui me paraît essentiel, est que le moteur de l'insurrection - en dehors des idéologues - était représenté par une jeunesse importante en nombre mais dramatiquement sous-éduquée donc perméable aux discours extrêmes qui lui proposaient une utopie: assainir la société du mal - car trop occidentalisée - se battre pour l'avènement d'une société juste qui respecte à la lettre la religion. Il faut dire que le contexte était favorable; nous venions de sortir difficilement d'une décennie de «déboumédienisation» qui détricotait minutieusement toutes les avancées sociales et techniques de l'Algérie. Ce fut, on s'en souvient de la période euphorique et ô combien trompeuse du «Pour une vie meilleure» avec à la clé, le fameux PAP «programme anti-pénurie» qui donnait à l'Algérien l'illusion qu'il était développé puisqu'il pouvait se permettre d'acheter du fromage Emmenthal comme un Suisse, acheter des hors-bord comme un Américain - vendus même à Tamanrasset au nom de l'équilibre régional... - et ceci sans le moindre effort, la moindre petite goutte de sueur simplement par la bénédiction-malédiction de la rente qui faisait qu'en 1985 le baril était à 40 dollars de l'époque (plus de 100 dollars actuels).
Comme tout mirage, la rente disparut presque totalement quand le prix du baril descendit au-dessous de 10 dollars. L'Algérie dut alors s'endetter lourdement pour se nourrir - on a parlé de 26 milliards de dollars. Conséquence tragique qui explique en partie la révolte d'Octobre 1988 qui fut, d'une certaine façon, une révolte du pain. Plus de 500 morts passés par pertes et profit. Sans faire dans la concurrence victimaire, on sait que la somme de toutes les révolutions des Printemps arabes égyptien, tunisien, bahreïni et yéménite n'atteignirent pas le nombre de morts d'Octobre 1988. L'Algérie -par décence- ne s'est pas autorisée à parler de révolution planétaire qui est un tournant dans l'histoire de l'humanité...
L'interruption des élections en décembre 1991 ouvrit la boîte de Pandore de l'horreur. La société dans son ensemble fut traumatisée et l'Algérie perdit des dizaines de milliers de ses fils - on parle de 200 000 morts - Pourquoi? parce que nous n'avons pas su depuis l'Indépendance réconcilier les Algériens avec leur histoire, leur identité culturelle, nous n'avons pas su dépasser les ambitions de chacun pour former l'homme nouveau bien dans son identité et sa religion, que personne ne devrait instrumentaliser pour en faire un fonds de commerce. L'Algérie durant cette décennie rouge servit de «laboratoire» selon le mot de Hassan 2. Personne ne l'aida à transcender ses contradictions. Car parallèlement à la terreur, l'Algérie tomba sous les fourches caudines du FMI qui nous intima l'ordre de nous ajuster structurellement.

La décennie rouge Est-ce que les choses ont changé en 2012?
Mutatis mutandis nous en sommes toujours au même point, sauf qu'une rente insolente en 11 ans a permis de rembourser la dette, mais nous n'avons pas construit quelque chose de pérenne, quelque chose qui crée de la richesse. Certes, nous avons construit une autoroute, nous avons construit des centaines de milliers de logements, après trente ans nous avons un métro de 13 km. Certes, nous avons construit plus de 60 barrages, mais pourquoi notre agriculture est insignifiante au point que la facture alimentaire frise les 10 milliards de dollars?
Certes, nous avons des milliers d'écoles, de lycées et près de 70 établissements supérieurs mais que valent-ils quand on sait que notre école est en miettes et que nos diplômés ne répondent pas au minimum de normes requises? Faire dans le quantitatif dans le siècle du Web 2.0 du data speeding, du Dow Jones est un pis-aller. Dans toute la démarche actuelle, c'est l'infitah à outrance, on ne sait plus rien faire, on s'en remet aux Chinois, Japonais, Français, Turcs pour nous nourrir, nous vêtir, nous construire des logements, nous distribuer l'eau...
Pour Chawki Salhi, secrétaire général du Parti socialiste des travailleurs, «l'argent du pétrole a financé la désindustrialisation et la précarisation sociale. Notre argent a payé le monopole de Djezzy, qui saigne la balance des paiements. On offre 700 ha sur les hauts d'Alger au dinar symbolique? On aide le géant Mittal qui laisse mourir El Hadjar. Et des sidérurgistes débutants, financent, pour une somme moindre, une aciérie géante à Bellara. L'argent du pétrole, lui, ne sert à rien. Il est prêté aux USA et à l'UE pour des taux dérisoires. Sonatrach crée Tassili pour affaiblir Air Algérie, achète ses tubes à l'étranger et sous-traite ses activités hors de ses propres filiales!!! Naftal est fière de viser 50% du marché qu'il contrôle à 100%». (1)
«Le patronat privé fustige le modeste cours patriotique actuel malgré les cadeaux fiscaux indécents dont il bénéficie. Pour procurer une main-d'oeuvre soumise et bon marché aux investisseurs, on étend la clochardisation sociale. Il faut stopper ce suicide libéral, protéger le marché national, dénoncer les traités inégaux avec l'UE, la Zale et refuser l'OMC. Nationaliser ou renationaliser les banques, les secteurs stratégiques de l'économie et les services publics essentiels. Interdire les emplois indécents du filet social. Imposer un contrôle populaire, seul à même de garantir contre la corruption. Les logements nécessaires, les voies ferrées, les équipements, sont une opportunité pour développer notre production et notre savoir-faire et non un moyen d'aider les pays riches en crise. Il faut mettre en place un plan national de développement de l'agriculture, de l'industrie et des services au service de la satisfaction des besoins du peuple. Cela suppose une direction politique indépendante de la bourgeoisie et de l'impérialisme.» (1)
Résultat des courses: les causes multidimensionnelles de la révolte sont toujours là. Elles sont même accentuées par un manque de vision flagrant. Le pouvoir, dos au mur, achète du temps et pense calmer la foule qui gronde par un saupoudrage proportionnel à des classes dangereuses. Dans l'Algérie de 2012, la compétence n'est plus un ascenseur social, il ne faut pas travailler, avoir un diplôme, être un besogneux soucieux du bien public et d'honorer consciencieusement ses engagements par une assiduité et un travail bien fait. Au contraire, on est pris pour un naïf! Dans l'Algérie de 2012, brûler un pneu peut vous valoir comme punition...un appartement que vous n'aurez jamais si vous êtes un cadre moyen et plus encore, diplômé du supérieur ou de ce qu'il en reste. Dans l'Algérie de 2012, l'Ecole ne fait plus rêver, il vaut mieux être footballeur et toucher en une fois, d'une façon scandaleuse, le gain d'un enseignant dans toute une vie. On comprend sans peine les stratégies développées par les parents qui inscrivent leurs enfants dans des club de football pour enfants. Dans cette même Algérie de 2012, c'est l'informel qui est la norme. Le gain facile, est le plus sûr moyen de s'en sortir. Dans l'Algérie de 2012, il vaut mieux investir pour être député car il y a un bon retour sur investissement, peu importe d'ailleurs la couleur, l'essentiel est d'y être.

Pour qui voter: en l'absence de programmes des partis politiques
Justement, à propos des élus - ce terme a une connotation biblique - doit-on espérer quelque chose. A l'instar des autres partis politiques, les formations islamistes dont certains participent au gouvernement ne se distinguent pas par un programme économique se limitant le plus souvent à énoncer des promesses. Le MSP, qui est le premier parti islamiste à faire partie du gouvernement, a jusqu'à un passé très récent été membre de l'Alliance présidentielle et exécutait, au même titre que le RND et le FLN, les choix économiques du gouvernement.
Dans son programme, écrit Safia Berkouk, «le MSP promet ainsi d'encourager la création des banques islamiques, de renforcer l'octroi de microcrédits et des crédits sans intérêt au profit des jeunes promoteurs, d'initier l'allocation chômage aux diplômés demandeurs d'emploi ou encore d'alléger les charges fiscales et parafiscales au profit des petites bourses.» (2)
Amel Boubekeur, chercheur au Carnegie Middle East Center, spécialiste de l'islam politique, explique cela dans une étude intitulée «L'impact de l'évolution de l'Islam politique sur la cohésion nationale en Algérie» (2009) par «la cooptation». Selon lui, pour les partis politiques islamistes, «leur cooptation s'est accompagnée d'opportunités nouvelles afin de se greffer aux différents réseaux de redistribution de la rente qui se sont recomposés dans le champ politique depuis les années 1990». (2)
La dépendance alimentaire est un grave handicap qu'on aurait dû prioriser plus tôt. Le dépôt de nos réserves chez les ennemis de notre développement est aussi une faiblesse tragique.
En fait, l'Assemblée populaire ne pèse pas grand-chose sur les décisions du gouvernement, quelles qu'elles soient. Et c'est d'autant plus vrai quand il s'agit des questions économiques. Il n'y a aucun contenu économique, aucun cap pour le futur, aucune stratégie pour le système éducatif en miettes, et aucune stratégie pour le futur concernant le tarissement inéluctable de la rente, malgré le nouveau soporifique constitué par les gaz de schiste qui sont à la fois une malédiction en termes de rente mais de plus une calamité écologique.
Le discours populiste prime sur tout le reste. De plus, quelle est la force réelle de chaque parti? Les effets d'annonce participent de la méthode Coué. En fait, rien n'est joué. Il reste à savoir si la jeunesse de 2012, celle des réseaux sociaux de Facebook de Twitter, bref, de l'Internet, est aussi vulnérable que celle d'avant. Gageons que cette jeunesse est plus à même de comprendre les grands enjeux du monde et qu'elle donnera sa voix à bon escient. Il n'y a pas plus déstabilisant dans un pays que de voir des gens prétendre au pouvoir avec comme agenda de faire table rase et repartir de zéro...ou en termes plus directs: déstabiliser l'économie et les engagements internationaux de l'Algérie. Désolé, mais changer radicalement de lois comme vous le proposez.... est suicidaire. Non merci... je ne vote pas Parti des travailleurs. Le président de la République parle d'une révolution, pourquoi pas? Notre expérience tragique depuis deux décennies doit nous servir de leçon pour aller vers une Algérie apaisée du vivre-ensemble, tenant à ses fondamentaux mais fascinée par l'avenir en allant à marche forcée vers le progrès. Alors qu'on s'y mette sereinement et prions pour ce pays qui sera ce que nous ferons pour lui.

1. Chawki Salhi: «Il faut stopper ce suicide libéral» El Watan 27.02.2012
2. Safia Berkouk: «Les partis islamistes sans doctrine économique» El Watan 27.02.2012

Par Pr Chems Eddine CHITOUR. L'Expression Jeudi 01 Mars 2012

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MessageSujet: Re: Le FFS décide de participer aux élections législatives prochaines: « Notre but est dans la remobilisation politique et pacifique de notre parti et de notre peuple »   Sam 10 Mar - 17:39


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MessageSujet: Re: Le FFS décide de participer aux élections législatives prochaines: « Notre but est dans la remobilisation politique et pacifique de notre parti et de notre peuple »   Dim 11 Mar - 13:45


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MessageSujet: Hollande a Al Watan   Lun 12 Mar - 12:40


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MessageSujet: Re: Le FFS décide de participer aux élections législatives prochaines: « Notre but est dans la remobilisation politique et pacifique de notre parti et de notre peuple »   Lun 12 Mar - 12:42


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MessageSujet: Re: Le FFS décide de participer aux élections législatives prochaines: « Notre but est dans la remobilisation politique et pacifique de notre parti et de notre peuple »   Lun 12 Mar - 12:44

tikka a écrit:
ET SARKO...IL VIENT OU VIENDRA PAS...

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MessageSujet: Re: Le FFS décide de participer aux élections législatives prochaines: « Notre but est dans la remobilisation politique et pacifique de notre parti et de notre peuple »   Lun 12 Mar - 13:33

tikka a écrit:

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MessageSujet: Re: Le FFS décide de participer aux élections législatives prochaines: « Notre but est dans la remobilisation politique et pacifique de notre parti et de notre peuple »   

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Le FFS décide de participer aux élections législatives prochaines: « Notre but est dans la remobilisation politique et pacifique de notre parti et de notre peuple »
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