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 Si Abdelkader Yaici inhumé au cimetière de Sid El Khier à Sétif...Hommage

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tikka
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MessageSujet: Si Abdelkader Yaici inhumé au cimetière de Sid El Khier à Sétif...Hommage   Jeu 23 Aoû - 11:38

Le Moudjahid Abdelkader Yaici, décédé mardi à l’âge de 89 ans, a été inhumé, hier, après la prière du Dohr, au cimetière de Sid El Khier...


Abdelkader Yaïci, est né le 19 octobre 1922 à Souk Oufella, Sidi Aich dans la wilaya de Bejaia. Issu d’une famille de commerçants, il a fait ses études primaires dans son village natal avant de rejoindre la ville de Sétif pour poursuivre ses études secondaire au lycée Albertini, actuellement rebaptisé lycée Kairaouani, pour des études secondaires. Ses premiers pas dans la politique et la lutte contre le colonialisme, il les a effectués dans la ville de Sétif au sein de l’UDMA sous l’égide de Ferhat Abbas.

Apres le déclenchement de la Révolution en 1954 et le ralliement de l’UDMA au sein du FLN, Abdelkader Yaïci fera partie des premières cellules du Front de libération nationale sous la direction de Ali Oubouzar, commissaire politique de la ville de Sétif au sein de la Wilaya III historique. Totalement acquise à la cause nationaliste, la population sétifienne s’organisa et les « fidayines » procédèrent à la collecte de fonds, du ravitaillement et de l’habillement. C’est la ville de Sétif qui pourvoira durant des années aux besoins des Wilayas I, II et III en matière d’équipements et de ravitaillements.

Parmi les principaux fournisseurs de l’habillement pour les moudjahidine, il y a lieu de rappeler le nom de Si Kacem Bousbaha, natif de Ghardia, et celui des deux frères de Si Abdelkader, Amokrane et Abalache, qui ont été exécutés par la suite par l’armée française à l’intérieur d’une caserne de Sétif en septembre 1957. Si Yaïci raconte que pendant la grève des 8 jours, plusieurs millions de francs de l’époque ont été récoltés et 5 millions ont été remis au lieutenant Si Salah pour porter assistance à la population. Apres cette grève retentissante qui permit à la cause algérienne d’être médiatisée jusqu’à atteindre le siège des Nations unies (ONU), Si Abdelkader Yaïci fut chargé par le colonel Amirouche et Si Mohamed Lamouri de plusieurs missions. Quelque temps avant le bouclage de la ville de Sétif par l’armée française dans le but de détruire l’organisation du FLN, Si Abdelkader, ayant eu vent d’une imminente arrestation, quitta le pays pour la France, en compagnie de Ferhat Abbas et de son neveu, Tahar Bouzdira, chirurgien-dentiste avec un ordre de mission du colonel Amirouche. Yaïci traversera clandestinement la frontière franco-Suisse par la ville d’Annecy. De là il fut aidé par l’organisation du FLN sur le territoire helvétique pour rejoindre la Tunisie, puis les frontières.

Le 6 juin 1957, le colonel Amirouche créa le comité de la Wilaya III, composé de Si Said Boughanem et d’Abdelkader Yaïci, respectivement chargé de l’accueil et de la prise en charge des étudiants algériens, et des djounouds blessés et du matériel. Les djounoud, une fois rétablis, regagnaient ensuite le pays pour reprendre la lutte, sous la responsabilité du lieutenant de Si Ahmed Ait Ramdane, lequel était secondé par Smaïl Haddadi, devenu par la suite responsable d’un service du MALG (DLE Djebel Dlelloud). En 1957 après le Congrès de la Soummam, le colonel Ouamrane, désigné responsable du département armement et ravitaillement, a chargé officiellement Si Abdelkader Yaïci d’aller prospecter et d’acheter des armes à l’étranger en tant que chef de mission en Europe, plus précisément en Allemagne qui était en ce temps-là sous occupation des Alliés, notamment les USA, l’Angleterre et… la France. Le colonel Ouamrane avait parfaitement raison de qualifier cette mission de « périlleuse » sachant que les « services » français livraient une guerre sans merci contre les nationalistes algériens à l’étranger. « Nous avons commencé, Ali Bahiri et moi, la prospection dans des conditions très difficiles, d’abord pour nouer les contacts avec les fournisseurs qui avaient peur des services français et ensuite pour trouver un réseau pour l’expédition des armes et des munitions », témoigne Abdelkader Yaïci. Il raconte que les correspondances venaient du bureau (Service logistique) de Tunis dirigée par Abdelmadjid Bouzbid, et la réception de l’argent, pour l’achat des armes et des équipements, leur parvenait par le biais d’une valise diplomatique de la Tunisie. « Les achats d’équipements militaires consistaient en de très grandes quantités. 50 000 pièces environ entre tenue, souliers, sacs etc. » témoigne encore Si Nouasri qui précise que les premiers « bungalows » avec détonateurs et cisailles isolées pour le sabotage de la ligne Morice ont été achetés par lui. Apres la création du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), le colonel Mahmoud Cherif, ministre de l’Armement et du Ravitaillement, le reconduit dans sa qualité de chef de mission en Europe chargé de la prospection et de l’achat d’armes en lui adjoignant Othmani Seif El Islam. La tâche de si Nouasri devient moins compliquée avec la connaissance de la langue allemande et la mise en place d’un véritable réseau de fournisseurs. L’argent et les fonds nécessaires qui faisaient terriblement défaut dans le passé parvenaient désormais par le canal de la banque de Damas (Syrie). Ainsi les commandes devenaient de plus en plus étoffées et parvenaient du ministère de l’Armement et des Liaisons générales (MALG). Cependant, plusieurs cargaisons seront saisies par les services secrets français qui déployaient des efforts et chargeaient leurs meilleurs éléments pour démanteler les réseaux et « traquer » sans répit les nationalistes algériens en Allemagne. Deux cargaisons de TNT achetées à « Dynamite Nobel » en Norvège envoyées sur le bateau « Granitas » qui devait accoster à Casablanca au Maroc, ont été saisies au large de l’Espagne, tout comme 5000 pistolets de marque Astra envoyées par la compagnie Sabena saisis à Bruxelles. Cela n’a toutefois occasionné aucune perte financière au GPRA puisque tous les paiements devaient se faire après réception des marchandises. Si Nouasri affirme que malgré les risques énormes encourus, il a honoré toutes les commandes formulées durant son séjour en Allemagne de 1957 à 1960.

Ce qui n’a pas été sans conséquence, puisque les services secrets français ont décidé de l’éliminer par tous les moyens. Abdelkader dit si Nouasri est devenu aux yeux des autorités françaises un véritable danger qu’il fallait abattre. « Abdelkader Yaïci fait plus de mal à nos soldats qu’un bataillon de Amirouche », avait déclaré un capitaine de l’armée française qui interpellait lors d’un barrage un cousin à Abdelkader, en Algérie.

Il fallait donc en découdre rapidement avec lui, a décidé le SDECE, mais aussi les politiques français. En effet, l’opération d’éliminer Abdelkader Nouasri a été décidée le 24 décembre 1959 dans le domicile du Premier ministre de la République française en ce temps-là, Michel Debré. C’est le colonel Martillat l’un des meilleurs « limiers » du contre-espionnage français qui se chargera de l’opération à l’aide d’un colis piégé.

Le colonel-écrivain Constantin Melnik, ex-chef du SDECE, raconte dans le détail, dans son livre Un espion dans le siècle, comment l’opération a été conçue. Le 1er janvier 1960, croyant tenir entre les mains un colis envoyé par la « Banque Fur Gemenversha », Abdelkader Yaïci, en ouvrant le paquet dans sa chambre d’hôtel est soufflé par une déflagration qui lui arracha les deux mains et occasionna une multitude de blessures au visage et sur tout le corps. Transporté à l’hôpital de Frankfurt dans un état grave, Si Nouasri sera sauvé, mais a perdu à jamais ses deux mains. Des personnalités ainsi que des journalistes allemands du Der Spiegel notamment, se sont rendus au chevet de Si Nouasri. Plusieurs articles favorables furent consacrés à la cause nationale après l’attentat contre le responsable de l’achat des armes en Allemagne. La réaction de Bonn fut ferme contre ces opérations d’assassinats de responsables algériens sur son territoire. Le procureur de la République fédérale allemande prit en main le dossier et chargea le groupe de sécurité de Bonn (direction générale de la police judiciaire, la bandeskrimilalam) de l’enquête. Lors d’une visite officielle en France, Konrad Adenauer, chancelier fédéral d’Allemagne, a abordé cette question avec le général de Gaulle. Ce dernier a trouvé la remarque du chancelier très discourtoise. (Der Spiegel, 1960). Cette information est rapportée dans l’ouvrage La République fédérale allemande et la guerre d’Algerie. Durant son séjour à l’hôpital, Si Abdelkader Yaïci a reçu des lettres de compassions et d’encouragements, notamment du président Ferhat Abbas et de Mahmoud Cherif, ministre de l’Armement et des Liaisons générales (MALG). Ce dernier lui rendit hommage au nom de la Révolution, du MALG et en son nom personnel, pour la mission qu’il avait remplie et les risques encourus durant ces trois années en Allemagne en service commandé. Il faut noter par ailleurs que deux autres attentats ont été également organisés contre Si Nouasri. Ce dernier a été sauvé de justesse par des policiers allemands « en le kidnappant » (car ayant eu vent du traquenard) et le déposer à 30 km plus loin du lieu où l’attendaient les agents la Main rouge pour l’assassiner. La seconde tentative d’assassinat a eu lieu à Frankfurt. Le 3 mars 1959, sur la base de renseignements précis, les services spéciaux français (la Main rouge) ont placé une bombe sous le châssis du véhicule que devaient prendre Si Abdelkader et Georg Puchert, dit capitaine Morris, un Allemand devenu le principal fournisseur d’armes de l’ALN. Au moment où Nouasri attendait Georg Puchert, le véhicule explosera littéralement tuant sur le coup Morris. De retour en Tunisie, Nouasri sera pris en charge par le premier responsable du MALG, Si Abdelhafid Boussouf qui lui a proposé le transfert aux Etats Unis pour des soins.Abdelkader Yaïci témoigne qu’il a été entouré de toutes les sollicitudes de la part du MALG lors de sa longue convalescence. Apres l’indépendance, Si Yaïci et Ferhat Abbas, de retour en Algérie, furent accueillis chaleureusement par la population sétifienne en liesse. Actif, malgré son handicap, il sera désigné vice-président de la délégation spéciale (mairie de Sétif) et ensuite élu député dans le premier Parlement algérien, postindépendance. Aujourd’hui, il n’a rien perdu de sa ferveur pour la révolution et la guerre de libération nationale. Membre de l’Association des anciens moudjahidine du MALG, il représente à lui seul un véritable monument historique. Malgré son âge, son handicap et sa maladie, Abdelkader Yaïci reste serein avec le sentiment d’une mission largement accomplie envers son pays. « Il nous faudrait beaucoup de temps pour tout raconter », nous confiait-il lors de notre entrevue dans son domicile dans la ville de Sétif ou il réside toujours. Malgré un parcours jalonné d’exploits face au danger et à l’adversité, Abdelkader Yaïci est resté humble. Entouré de ses enfants et de ses petits-enfants, il vit paisiblement dans sa demeure de Sétif, une ville qu’il n’a pas voulu quitter et où il avait mené, dit-il, son modeste combat pour la libération de l’Algérie. Tous ceux qui le connaissent, en particulier les anciens moudjahidine, lui vouent un profond respect.
Memoria

إِنَّ للهِ ما أَخَذ، وَلَهُ ما أَعْـطـى، وَكُـلُّ شَيءٍ عِنْـدَهُ بِأَجَلٍ مُسَـمى
انا لله وانا اليه راجعون

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