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 Jusqu’à l’âge de 24 ans, Habib Allah Mansouri ne connaissait aucun mot de kabyle.

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tikka
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MessageSujet: Jusqu’à l’âge de 24 ans, Habib Allah Mansouri ne connaissait aucun mot de kabyle.   Dim 29 Mar - 10:47

«La traduction, une nécessité»

Le Petit prince, en tamazight, a été édité par le Haut Commissariat à l’amazighité en 2004. C’est la seule institution qui a accepté de prendre en charge la publication du livre.

Traduire les chefs-d’oeuvre de la littérature universelle, voilà ce dont a besoin la langue berbère afin de se développer. Habib Allah Mansouri a saisi cet enjeu, en traduisant Le Petit prince de Antoine de Saint-Exupéry. Jusqu’à l’âge de 24 ans, Habib Allah Mansouri ne connaissait aucun mot de kabyle. Il est né et a grandi à Oran. Lorsqu’à l’âge de 24 ans, il termine sa licence d’histoire, la quête de ses origines kabyles l’interpelle. Il vient à Tizi Ouzou pour effectuer une postgraduation au département de langue et culture amazighes.
C’est ainsi qu’il se donne à fond afin d’acquérir cette langue du coeur, celle de ses parents et de ses ancêtres. L’idée de s’investir dans les travaux de traductions vers tamazight est née de façon accidentelle. Habib Allah Mansouri est enseignant de berbère au collège Lotfi de Tizi Ouzou. Un jour, en guise de cours, il a comme support un extrait du livre Le Petit prince. «J’ai préparé la leçon chez moi. Je devais traduire le texte en question. Je l’ai trouvé passionnant et même le travail de traduction l’était autant», explique notre interlocuteur. Le lendemain, en présentant les textes aux élèves, il a constaté l’intérêt de ces derniers. C’est ainsi que la décision de traduire tout le livre est prise. Le travail a nécessité un peu plus d’une année mais le traducteur précise qu’il y a eu quelques ruptures dans l’accomplissement de cette tâche. Des difficultés, Habib Allah Mansouri en a rencontrées en effectuant ce travail. «Le plus difficile, dit-il, est l’inexistence de plusieurs mots trouvés dans l’ouvrage, en langue berbère.» Par exemple, lorsqu’il a été appelé à traduire l’«océan Pacifique», l’auteur a buté sur l’absence de l’équivalent du mot «pacifique» en tamazight. Il a été contraint de recourir à des néologismes. «C’est en réalisant des travaux de traduction qu’on se rend compte des insuffisances de la langue amazighe», explique notre interlocuteur. Un travail colossal doit donc être entrepris afin de surmonter ces failles. Habib Allah Mansouri est aussi l’auteur de nombreuses autres traductions. Il a proposé ainsi en tamazight le livre Tamila de Ferdinand du Chêne. Ce dernier est un ancien juge français ayant vécu en Kabylie et qui a beaucoup écrit sur la société kabyle. Il est notamment connu avec son roman Le berger d’Akfadou. Mansouri a aussi traduit le livre La ferme des animaux de George Orwell.
Habib Allah Mansouri explique que la traduction est la mise à nu de notre langue: «Je suis personnellement contre l’adaptation car elle tue l’oeuvre originale et, en même temps, elle ne permet pas à notre langue d’évoluer sur le plan lexical.»
Parmi les auteurs ayant traduit des oeuvres vers tamazight, Habib Allah Mansouri dit apprécier énormément le travail réalisé par Kamel Bouamara, enseignant au département de tamazight de Béjaia dans la traduction de Jours de Kabylie de Mouloud Feraoun.
Habib Allah Mansouri est l’auteur d’un autre livre qui devait lui servir de thèse de magister. Il s’agit de «La Kabylie dans les écrits français: entre connaissances scientifiques et représentations idéologiques». Comme le Haut Commissariat à l’amazighité est la seule institution qui offre des opportunités aux auteurs spécialisés dans le domaine berbère, ce livre lui a donc été confié par l’auteur qui espère une réponse positive.
Aomar MOHELLEBI
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